Références littéraires et figures de style, vers...

Discutons de l'oeuvre: Tout sur nos héros, leurs aventures, les références, l'écriture...

Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

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groopynat
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Message par groopynat »

AmélieD a écrit : la visite chez M. de Litotie reprend sans doute la visite de d'Artagnan à Porthos au début de Vingt Ans après
Fort bien. Et de plus, je ne sais plus si on l'a signalé ailleurs, mais cette visite et le modeste festin (cf la litote "légère collation"! :lol: ) fait écho et rappelle par contraste le plus que frugal repas (uniquement constitué de "roboratives fragrances"! :lol: ) servi quelques pages plus tôt par le maître d'armes, à grand renfort pourtant d'intitulés fort alléchants (or le mot "menu" n'a jamais semblé si approprié que pour ce repas). Voyez d'ailleurs comme Armand, Eusebe et Lope se rattrapent en se jetant sur ces nourritures... terrestres :wink:
Contraste renforcé par une disposition en miroir de la page: le repas chez le MA (p.15) occupe la partie supérieure de la planche, celui chez Fort-à-bras (p.23) occupe la partie inférieure.

Je ne me lasse décidément pas de cette BD où l'art et l'habileté des auteurs m'émerveillent sans cesse. :roll:
"La Providence, par des voies détournées, nous aurait donc menés droit au but?!" (IV,46)
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Colin
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Message par Colin »

Captain Boney Boone a écrit :Si j'en crois la première case de la 5ème page du tome VIII, Ronsard faisaient des poèmes à deux francs ! Car Ronsard est l'auteur du poème qui sert à départager les deux compères. En bons terriens, nous utiliserions, pour le faire, une pièce de petite valeur…

Voici le poème dont il s'agit :
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
N'oublions pas que le premier homme qui a comparé la femme à uue rose était un poète, et le second un imbécile, selon le proverbe. Serait-ce l'inverse ?,
Il m'a mordu ! Je lui fais une thoracotomie antérolatérale dans le quatrième espace intercostal, et lui, il me mord !
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Evidemment.
Le poème est la monnaie de la Lune... Un monde où les belles lettres seraient la plus grande valeur... A quand la prochaine mission apollo?
Ainsi parlait Aragathis.
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AmélieD
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Message par AmélieD »

Je viens de me rendre compte que le défilé des Thyropyles tire définitivement son nom de θύρα, la porte et de πύλη, la porte. En effet, la ville de Callinitopolis est arrêtée lors de la bataille dans une contrée qu'apprécierait Aldrin de Redondie, s'il n'y trouvait la mort : entre le Pic Pointu, le Mont Tautologos, les rivières Le Truisme et La Palice, le nom du défilé signifie logiquement "porte-porte", puisqu'il permet l'accès à la capitale... On peut donc raisonnablement penser que la scène se situe dans la province de Tautologie (au II. octant de la carte fournie au tome 6).
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !
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Yelti
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Message par Yelti »

Jolie exposé de géographie lunaire ! :D, "De cape et de Crocs" se relit et se relit jusque dans ses deuxième et troisième de couverture décidement !
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AmélieD
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Message par AmélieD »

De sélénographie, donc...

Pour revenir aux références, je suppose qu'elle fut remarquée, mais à la case 8 de la page 2à du tome 7, lorsque Mendoza promet une plume et une chandelle à chaque mime, il est évident que nos amis les mimes sont aussi nos amis Pierrot ("... Prête-moi ta plume pour écrire un mot : ma chandelle est morte...")
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Aragathis
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Message par Aragathis »

En effet, cette référence a déjà été remarquée, mais c'est pas grave : De cape et de crocs mérite quelques redondances...
Ainsi parlait Aragathis.
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AmélieD
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Message par AmélieD »

Et celle-ci ? Page 18 du tome 6, Mendoza harangue ses troupes en disant "tel un vol de gerfauts" et en se comparant à Cortez. Il y a là une référence au sonnet "Les Conquérants" de José-Maria de Heredia :
José-Maria de Heredia a écrit : Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !
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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

AmélieD a écrit :De sélénographie, donc...

Pour revenir aux références, je suppose qu'elle fut remarquée, mais à la case 8 de la page 2à du tome 7, lorsque Mendoza promet une plume et une chandelle à chaque mime, il est évident que nos amis les mimes sont aussi nos amis Pierrot ("... Prête-moi ta plume pour écrire un mot : ma chandelle est morte...")
Juste pour information, connaissez-vous tous les sous-entendus de cette chanson, bien moins enfantine qu'elle ne le paraît. Quoique tout dépend du sens qu'on donne à "enfantine"...

"Prête-moi ta plume,
Je n'ai plus de feu."

=> De quelle plume s'agit-il ?
=> De quel feu ?
=> Comment une plume peut-elle avoir du feu ?

"Va chez la voisine,
Je crois qu'elle y est
Car dans sa cuisine
On bat le briquet"

=> Connaissez-vous le sens de "battre le briquet" depuis le Moyen Age ?

Les moins de 18 ans, fermez les yeux.



Je referme la parenthèse. :roll:
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Beaucoup de ce qu'on appelle aujourd'hui comptines pour enfants étaient en fait des chants grivois ou révolutionnaires (parfois les deux :roll: ) comme Il pleut bergère, les Capucines...
Ainsi parlait Aragathis.
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AmélieD
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Message par AmélieD »

"Dansons la capucine, y a pas de pain chez nous ; y en a chez la voisine, mais ce n'est pas pour nous, you !"


Néanmoins, le sens révolutionnaire peut être une évolution imprévue. Rien ne prédisposait à l'origine "Le temps des cerises" à devenir un hymne à la Commune de Paris !
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Ce n'est pas un sens mal tourné, mais un chant révolutionnaire : la voisine, c'est Marie Antoinette...
Ainsi parlait Aragathis.
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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Aragathis a écrit :Ce n'est pas un sens mal tourné, mais un chant révolutionnaire : la voisine, c'est Marie Antoinette...
Marie-Antoinette... l'Autrichienne.

L'Autriche est voisine de la France.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )
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AmélieD
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Message par AmélieD »

Ceci dit, les chansons grivoises sur Marie-Antoinette, ce n'est pas ce qui a manqué, bien au contraire ! Simplement, on ne les connaît guère, vu qu'on n'apprend pas ce genre de choses aux enfants...
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kervin
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Message par kervin »

Bien vue !! Il aurait en effet mérité de donner des cours à la Sorbonne !
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.
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