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Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Sinon, pour quitter un peu Tolkien et revenir au sujet, une autre citation :

Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurai dû me méfier des Bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait du [sic] dire non. Résister davantage, mais comment ? Ca va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j'arrive.



<I><B>Matin Brun</I></B>, derniers paragraphes, Franck Pavloff
Bon, d'accord, encore une fois, ce n'est pas une simple phrase. Mais la seule dernière phrase qui est si belle dans sa concision et son désenchantement ne peut prendre son sens que dans un contexte. Je suis ainsi contraint de vous le faire partager.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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Yelti
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Message par Yelti »

Il est vrai que je me suis toujours demandé comment aurait-on pu mettre fin au régime nazi sans prendre les armes... entre mille exemples... Mais que la guerre soit nécessaire et préférable à une autre voie, ce ne la fait pas bonne ; dans le même exemple voyez les massacres des civils dont mon grand-père peut encore avec dégoût témoigner.
Modifié en dernier par Yelti le 29 oct. 2008, 15:59, modifié 1 fois.

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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Captain Boney Boone a écrit :
Yelti a écrit :Il est vrai que je me suis toujours demandé comment aurait-on pu mettre fin au régime nazi sans prendre les armes... entre mille exemples... Mais que la guerre soit nécessaire et préférable à une autre voie, ce ne la fait pas bonne ; dans le même exemple voyez les massacres des civils dont mon grand-père peu encore avec dégoût témoigner.
Attention ! Tu vas trop loin ! Tu dépasses les bornes en osant dire que la guerre est une chose moche ! Tu ne peux pas tout te permettre !
C'est vrai, ça, Yelti, tu exagères ! :x

"Moche", c'est du langage familier.

Il faut dire "laide". Ou "repoussante". Et même "très repoussante".

Qui vis pacem para bellum.

Mais "para" seulement.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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N'Elouïse
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Message par N'Elouïse »

vous n'êtes don' pas adeptes de la beauté d'un régiment Napoléonien s'avançant contre les lignes ennemis?
dans leur bel uniforme, lors des campagnes d'Egypte?
pourtant les tableaux de Lejeune sont beaux, sur un sujet si laid...

:roll:

(quoi je cherche? meuuuuh non...)
"Ouvre cette porte! Misérable pourceau conçu à tâtons dans un hôtel borgne! Avise-toi de m'effleurer et tu pourras chanter pour le pape!" Doña Hermine

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Yelti
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Message par Yelti »

Et voici un hémistiche très simple du premier Sonnet d'un recueil à part dans la Renaissance, qui résume beaucoup de choses :
Du Bellay a écrit :Je me plains à mes vers

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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Yelti a écrit :Et voici un hémistiche très simple du premier Sonnet d'un recueil à part dans la Renaissance, qui résume beaucoup de choses :
Du Bellay a écrit :Je me plains à mes vers
Ah bon ? Pourquoi donc ce recueil serait-il "à part" ? Il en est au contraire typique. Il reprend tous les thèmes de l'époque : le voyage, la nostalgie, la création linguistique, les sources d'inspiration, le dialogue inter-auteurs, etc. Et l'auteur lui-même est le représentant le plus symbolique s'il en est de la Renaissance, non ?

Peux-tu développer ton avis ?
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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Yelti
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Message par Yelti »

Les Regrets sont à part car revendiquent une poésie lyrique et simple, (certains poèmes de ce recueil rappelle presque le romantisme et Musset) opposée aux ambitions de la Pléiade et à celles du jeunes Du Bellay, qui représentait tout à fait la Renaissance, certes, mais avec des recueils comme L'Olive et Les Antiquités de Rome...

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AmélieD
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Message par AmélieD »

Il me semble que Louise Labé atteint elle aussi un lyrisme simple et sincère. Et même Ronsard, par exemple dans ses derniers vers :
Pierre de Ronsard a écrit : Je n'ai plus que les os, un Squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils deux grands maitres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m'a trompé,
Adieu plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s'en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis,
Je m'en vais le premier vous préparer la place.
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !

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Aragathis
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Message par Aragathis »

Le dernier vers est incroyable...
Ainsi parlait Aragathis.

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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Yelti a écrit :Les Regrets sont à part car revendiquent une poésie lyrique et simple, (certains poèmes de ce recueil rappelle presque le romantisme et Musset) opposée aux ambitions de la Pléiade et à celles du jeunes Du Bellay, qui représentait tout à fait la Renaissance, certes, mais avec des recueils comme L'Olive et Les Antiquités de Rome...

Qui "rappelle" Musset ?

Hem... L'anachronisme me semble pour le moins de taille.

Il faudrait que je révise mon XVIe siècle, mais je ne suis pas certain, a priori, que la Renaissance et la Pléiade prônent une absence de simplicité et de lyrisme. Jusqu'à présent, je voyais la Pléiade en rupture avec ce qui précédait, et donc notamment avec les jeux des Grands Versificateurs et de Marot.

Les Regrets sont un aboutissement de la nouvelle poésie avec un retour aux sources antiques. Le titre n'est d'ailleurs qu'une traduction du recueil des Triste (prononcé "tristé") de Virgile, écrit pendant son exil. Il n'y a rien de révolutionnaire ni dans la forme ni vraiment dans le fond. Ce qui fait la qualité de Du Bellay ici, c'est son talent de lier ces grands thèmes galvaudés pour l'inscrire dans son époque nouvelle, qui s'ouvre au monde après la parenthèse médiévale où "il ne s'est rien passé en littérature et en politique" (sic). Son génie, c'est aussi la qualité musicale des vers et le travail sur la langue française.

Un exemple de sonnet, dont je ne cite que le premier vers (à vous de travailler pour trouver le reste et le comparer à mes arguments ;) ) :
"Comme le champ semé en verdure foisonne,
[...]"


Edit : mise en page
Modifié en dernier par hsdcdb le 15 nov. 2008, 01:44, modifié 1 fois.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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AmélieD
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Message par AmélieD »

hsdcdb a écrit :la parenthèse médiévale où "il ne s'est rien passé en littérature et en politique" (sic)
Qui a prétendu ça ? Ça paraît pour le moins exagéré... Rappelons une anecdote amusante: les érudits de la Renaissance voulaient retrouver l'écriture de l'Antiquité pour l'utiliser en imprimerie (trouvant que ça ferait mieux que ces affreux gribouillis moyenâgeux) ; malheureusement pour eux, ils ont fait une petite erreur d'estimation de l'âge des manuscrits et ont adopté les lettres minuscules mises au point du temps de Charlemagne... Tout le monde dénigre ses prédécesseurs immédiats pour mieux encenser ses lointains ancêtres. Méfions-nous de cette tendance, ainsi d'ailleurs que de celle des historiens qui attribuent systématiquement à la période qui les intéresse le plus des qualités extraordinaires.
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !

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Yelti
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Message par Yelti »

Il n'y a pas d'anachronisme, si Musset est du XIXe, rien n'empêche au lecteur d'aujourd'hui de rapprocher CERTAINS de ses poèmes avec CERTAINS de Du Bellay ; je n'ai jamais prétendu que Du Bellay se soit inspiré de Musset !... Si Les Regrets gardent des éléments qui inscrivent ce recueil dans le courant de l'époque, c'est une poèsie en rupture avec les ambitions passées de la pléiade. Après, n'étant en aucun cas un expert en histoire littéraire, je n'en dirai pas plus... Ce qui comptait c'était l'hémistiche de Du Bellay, pas les conneries que j'ai pu dire... ou pas. :wink:

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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

AmélieD a écrit :
hsdcdb a écrit :la parenthèse médiévale où "il ne s'est rien passé en littérature et en politique" (sic)
Qui a prétendu ça ? Ça paraît pour le moins exagéré...
Ca l'est.

Ce sont les auteurs de la Renaissance qui disaient cela, comme tu le soulignes, dans le but de s'affirmer en rupture, mais l'opinion a couru jusqu'au XIXe siècle lorsque les romans médiévaux ont été "redécouverts".
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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AmélieD
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Message par AmélieD »

Je pensais que tu citais quelqu'un de précis, voilà ma lanterne éclairée. Personnellement, je trouve très amusante l'idée que les moines du Moyen-Âge aient dépensé des fortunes en parchemin, en encre, et en main-d'œuvre (car certains manuscrits sont de la main de laïcs payés pour leur travail de copiste) pour reproduire des textes dont ils ne servaient pas et qu'ils ne lisaient pas...

Cependant, il est probable que le monde de la culture ait été quelque peu malmené après la décennie terrible 1346-1356, entre les batailles Crécy et Poitiers, période durant laquelle la peste tua entre le quart et la moitié de la population européenne. Cette hécatombe, la crise économique et les guerres perpétuelles ne sont sans doute pas pour rien dans l'image sombre que les hommes de la Renaissance avaient de la période précédente. Ils avaient de plus perdu les clefs de lecture de l'art médiéval, qui reçut le nom de "gothique" par mépris pour ces façons de faire considérées comme barbares.

A propos de lyrisme, voilà un bout de la complainte de Rutebeuf, vers 1270 (en traduction, parce que l'ancien français, c'est rigolo, mais pas toujours limpide) :
Rutebeuf a écrit :Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés ?

Je crois qu'ils sont trop clairsemés
Ils ne furent pas bien semés
Ils m'ont failli.

De tels amis m'ont bien trahi
Lorsque Dieu m'a assailli
De tous côtés.

N'en vit un seul en mon logis
Le vent je crois, me les a pris,
L'amour est morte.

Ce sont amis que vent emporte,
Et il ventait devant ma porte
Les emporta.
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !

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Arghentur
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Message par Arghentur »

Pour moi je retiendrais l'épitaphe de Baudelaire :
Enfin !
Ou alors Napoléon
Il n'y a que deux puissances au monde: le sabre et l'esprit. A la longue le sabre et toujours battu par l'esprit
"Foi d'Eusebe ces hideux démons en me font pas peur !
A la tombée de la nuit nous les bannirons et ce sera bien fait pour eux !
Et puis après hoplà ! à nous le trésor!
Comme ça vous pourrez vous emparez de Mabaraïco !"

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