Citations marquantes

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Laurent Jerry
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Re: Citations marquantes

Message par Laurent Jerry »

Les deux orthographes sont possibles, en fait. Et comme je l'apprécie plus sans “H”, je l'emploie telle quelle.
EDIT : Et bien sûr, celle que j'ai citée est aussi du même.
Une autre, scabreuse, du même :
Ah ! Vois au pont du Loing : de là vogue en mer Dante.
Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse.
(« La rime n'est pas très riche, mais j'aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité. »
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Battologio
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Re: Citations marquantes

Message par Battologio »

Je préfère le latin "In girum imus nocte et consumimur igni" (nous tournons en rond dans la nuit et le feu nous consume).
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

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kervin
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Re: Citations marquantes

Message par kervin »

De qui est la dernière ?
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

Agnès
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Re: Citations marquantes

Message par Agnès »

j'en reste pantoise...^^

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eusebio
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Re: Citations marquantes

Message par eusebio »

"Ne frappe jamais quelqu'un avec des lunettes. Frappe le avec une batte de base-ball". Tant qu'a faire dans la poésie :roll:
"Et tandis que les squales vous mettront en pièces, nous ricanerons de manière terrible!"

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kervin
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Re: Citations marquantes

Message par kervin »

:D
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

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Bragelonne
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Re: Citations marquantes

Message par Bragelonne »

Tout à fait, tout à fait !même si j'ai pas tout compris.. :P
" maître charpentier à l'ouvrage (pièces de huit) notre galion n'a que trop roulé "

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Yelti
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Re: Citations marquantes

Message par Yelti »

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

:cry:

... Verlaine !

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Yelti
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Re: Citations marquantes

Message par Yelti »

J'ai souvent eu du mal à comprendre pourquoi les français ne savaient pas parler français.

Petit extrait du livre de Claude Duneton, Parler croquant, publié en 73.

[…] Il [le roi] ne le fit [la création de l’Académie], le couteau sous la gorge, qu’en 1637 ! Il était temps ! Corneille venait d’écrire le Cid ! Une tragédie qui exaltait le prestige d’un grand seigneur indépendant qui sauve son pays et auquel son roi doit de garder sa couronne. C’était bien le moment ! On a pas idée de se placer ainsi en travers du courant de l’histoire. Le cardinal presse son Académie de donner son sentiment. Ah ! ils étaient ennuyés les nouveaux censeurs !... C’était plutôt bien, Le Cid ! Ils avaient encore des scrupules à se ridiculiser, à se vendre aussi ouvertement ! Il a fallu le poids d’un « ordre supérieur » pour qu’ils se décident à condamner au nom de prétendues règles transgressées. Corneille devait être naïf : il renâcle, il se défend… Alors les valets du cardinal le menacent de mort – un duel pour Corneille qui ne savait pas se battre, c’était ni plus ni moins une forme de plasticage de nos temps plus instruits.
Il est d’usage, dans l’histoire littéraire, d’évoquer cet épisode avec un sourire amusé. Un duel pour une pièce ! Ah ! la bataille du Cid !... Quels grands fous que nos anciens épris d’art !... Je ne vois pourquoi lorsque Sartre se fait plastiquer au moment de l’O.A.S., qu’on assassine Lorca, ou qu’on met des écrivains en prison en Grèce ou ailleurs, personne ne trouve cela amusant, et que, dès que l’on parle de Corneille menacé de mort par Scudéry on s’esclaffe. Je ne vois pas du tout où est la farce ! L’histoire de Corneille est celle d’un muselage. Il a dû s’incliner, c’est dommage. Trente ans auparavant, il aurait été notre Shakespeare national, mais il est arrivé trop tard, on l’a étranglé. Trois ans après, il donnait Horace, ce monument à la gloire du fascisme. L’âge classique était arrivé !
Les trompettes de la renommée n’ont pas fini en France de clamer le très haut et très puissant de Louis XIV – Louis le Grand qui, après les déboires d’une enfance menacée par des frondeurs beaucoup moins plaisants et beaucoup plus furieux qu’on ne le dit d’ordinaire, sut relever à point le flambeau du despotisme intégral.
Tout de suite, ce furent les salons, l’Astrée, le bel esprit, Vaugelas, la préciosité, Versailles, le beau langage qui allait croître dans les tapisseries, complètement coupé du reste de la nation française. La langue se purifie paraît-il, c’est la manière racée de dire qu’elle se sépare du « vulgaire », du peuple qui sent mauvais.
Je lis dans mon manuel : « La langue française ressemblait au caractère de la nation qui la parlait : agréable, douce, pure, chaste, noble majestueuse. » En voilà une imposture ! Quelle nation parlait cette langue-là ! Une poignée de nobles et de grands bourgeois ! Quelques centaines, ou quelques milliers d’aristocrates sur les vingt millions d’êtres humains crevant d’impôts et de malnutrition qui portaient le titre de Français et parlaient l’occitan, le basque, le catalan, le breton, le flamand, le berrichon, le morvandeau, le picard, et que sais-je – tout, sauf la langue « agréable, douce, pure, chaste », etc. , dont on les gratifie royalement ! Comment peut-on, de nos jours, écrire encore de pareilles sornettes !... […]<
La grandeur de la France qu’a permis cette dictature de notre Roi Soleil ? Son rayonnement, sanglant d’ailleurs, en Europe ? Certes, il y eut quelques grands écrivains, mais que reste-t-il vraiment, au début du XVIIIe siècle, à la mort du dictateur par la grâce de Dieu ? Racine et ses pleurs antiques ? L’insupportable Boileau ?... Fadaises… Une langue appauvrie jusqu’à l’os, quelques pierres pour les touristes du futur ? Versailles – un pays ruiné, un peuple dans une misère telle qu’elle en fait hurler certains riches d’indignation, des Français à qui on a même coupé la langue pour les empêcher d’émettre des objections. Et il faut appeler cela le Grand Siècle ! C’est à pleurer de bêtise.
Ah ! il faudra se donner du mal, plus tard, pour que tout ne soit pas perdu, pour que notre XVIIe siècle soit bien le plus merveilleux ! Il faudra en faire des efforts acharnés d’admiration sur commande, arranger l’histoire littéraire et l’Histoire tout court, pour que nous ayons, quand même, un patrimoine culturel. Il faudra les sucer et les resucer les vers de Racine ! […] Et La Fontaine ? Evidemment. Parce qu’il n’est pas à la cour, il tourne ses fables joliment, dans une langue vivante, qui a du rythme et de l’image, pas trop coupée des gens. C’est la raison de son succès, même auprès des enfants, bien plus que son bestiaire – ses histoires de bêtes, mises en vers par une autre célébrité de l’époque seraient imbuvables. Il puisait lui, aux vraies sources de la langue, dans le Roman de Renart et un peu dans les dictons populaires. Molière ? Oui… Mais il se sert du peuple pour amuser la galerie des monseigneurs, montrer comme il est lourdeau, le vulgaire – et quel étrange jargon il parle ! Il y a du montreur d’ours chez Molière. Le fil conducteur du Bourgeois Gentilhomme, c’est, tout de même, qu’il est ridicule de vouloir s’élever au-dessus de sa situation. […] Car il y a eut de la résistance. Des attardés faisaient leur travail sans conséquence dans leur coin : Charles Sorel, Scarron, avaient tâché de prolonger la tradition du roman réaliste. Ce sont des réfractaires que même de nos jours on passe a peu près sous silence ; on leur tient toujours rigueur de n’avoir pas été courtisans et d’avoir une langue impure ! Nous avons nos ténors obligatoires… Furetière aussi se serait bien passé du bon goût de certains. Il a les mêmes torts, et du reste son célèbre dictionnaire de 1684, qui inclut les mots populaires, les mots techniques, et les vocables archaïques, fit scandale. C’était illégal, il fut chassé de l’Académie et des cercles mondains pour son audace. Mme de Sévigné, la toute charmante, dit de lui : « Je trouve que l’auteur fait clairement voir qu’il n’est ni du monde, ni de la cour, et que son goût est d’une pédanterie qu’on ne peut pas même espérer de corriger… On ne fait point entrer certains esprits durs et farouches dans le charme et dans la facilité des ballets de Benserade… » C’est bien vrai.
[…]La langue française avait dès lors prit son pli. Débarrassée de ses impuretés, c’est-à-dire de sa saveur populaire, on lui voyait sa trame latine. Le français avait, chose exceptionnelle et que l’on ne retrouve dans aucun pays, un tribunal suprême pour décider en cas de conflit. Notre langue se pliait donc mieux qu’une autre aux sinuosités de la pensée juridique, financière, et de la pensée abstraite tout court. […] De même qu’il est préférable d’être maigre pour mieux faire des entrechats, la maigreur de la langue française, sa légèreté en faisaient une parfaite arme de salon pour les joutes d’esprits. Voltaire en a usé avec génie et – ce qui est remarquable – pour combattre le fanatisme ! […] Si seulement il avait pu utiliser une langue plus farouche, disons issue d’Agrippa d’Aubigné, sans passer par Malherbe et l’épuration ! Le poème sur le désastre de Lisbonne, dans une langue plus épaisse, serait un monument.
[…]
« A cet égard, la France paraît plus heureuse : les patois y sont abandonnés aux provinces et c’est sur eux que le petit peuple exerce ses caprices, tandis que la langue nationale est hors de ses atteintes. »
Magnifique !

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Aragathis
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Re: Citations marquantes

Message par Aragathis »

Quelle envolée... Je ne connais pas du tout cet auteur, mais il a la langue acérée.
Ainsi parlait Aragathis.

Agnès
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Re: Citations marquantes

Message par Agnès »

oui, et je suis assez d'accord avec lui, pour ce qui est de la tyrannie de l'âge classique... quelle différence avec la totale liberté du Moyen-Âge et l'injonction de la pléiade à enrichir notre langue française (pour la rendre aussi riche et belle que la latine, justement) par des mots composés, des mots techniques, des mots de patois, et j'en passe!!

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Yelti
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Re: Citations marquantes

Message par Yelti »

En 73, Duneton annonçait donc que la langue française ne ferait pas long feu car elle n'a jamais été et ne pouvait pas être la langue des français mais la langue de la haute bourgeoisie de Paris brutalement distribuée à la masse, que l'écart entre la langue écrite et la langue parlée allait se creuser, qu'il faudrait choisir entre "parler croquant" ou parler anglais...

Je remarque aujourd'hui que chaque lycéen a un langage complètement appauvri, et complètement différent de celui de son voisin de table, qu'il s'embrouille dans des constructions syntaxiques vicieuses et essaie tant bien que mal d'utiliser des mots savants et moches (Ah ! et dire qu'Hercule renâclait quand nous écrivions "moche" ! Mais c'est un beau mot !)... Et que la prise de parole n'est plus automatique, chacun cherche ses mots et en trouve des mauvais... Et tous parlent parisien. Laisser le français être façonné par les masses ne l'a pas enrichi, nous n'avons pas réussi à parler croquant !

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Aragathis
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Re: Citations marquantes

Message par Aragathis »

Laisser quoi que ce soit aux masses, c'est l'abandonner à un appauvrissement inévitable et irrécupérable. Que je les hais, ces masses innommées et dissimulées dans leur propre anonymat de nombre, oh que je les hais.
Ainsi parlait Aragathis.

Agnès
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Re: Citations marquantes

Message par Agnès »

oui, maintenant on se limite à 300 mots de vocabulaire... c'est triste!! avec une langue si belle!!
en plus, cela pose de réelles problèmes, même dans la vie de tous les jours, car les gens ne parviennent plus à exprimer ce qu'ils ressentent, ce qui les porte tout de uiste vers la violence
ma grand mère qui est conseillère conjugale, a une feuille entière avec une feuille de vocabulaire pour que ses "patients" puissent mettre des mots précis sur leur sentiment, parce que quand le vocabulaire diminue, la communication en prend un coup!!

Agnès
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Re: Citations marquantes

Message par Agnès »

D'un Vanneur de blé, aux vents

A vous troppe legere
Qui d'aele passagere
Par le monde volez,
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doulcement esbranlez,

J'offre ces violettes,
Ces lis, et ces fleurettes
Et ces roses icy,
Ces vermeillettes roses,
Tout freschement écloses,
Et ces oeilletz aussi.

De vostre doulce halaine
Eventez ceste plaine,
Eventez ce sejour :
Cependant que j'ahanne
A mon blé, que je vanne
A la chaleur du jour.

Joachim DU BELLAY, Jeux rustiques (1558)

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