Au Chat Rimaillant (Proses et vers pour l'Univers)

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Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

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Aragathis
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Message par Aragathis »

Voilà bien pourquoi je pense être le seul à pouvoir le comprendre entièrement :wink: . Il est de ces poèmes que seul l'auteur maîtrise complètement tant ils sont hermétiques... Mon but est en quelque sorte atteint : cristalliser ma vie actuelle pour pouvoir m'en souvenir si jamais je change :lol: !
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Waylander
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Message par Waylander »

J'en suis à ce dilemme... doit-on -peut-on? faire des compromis pour priviligier le sens et l'accessibillité, ou doit-on s'en tenir à soi-même?
Un menuet? C'est est insensé! Un rigodon ou un passe-pied eussent été plus indiqués!
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Aragathis
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Message par Aragathis »

"La voie du milieu est celle que je choisis car je suis bouddhiste" (dixit Dieu dans South Park). Ceci peut être un angle d'approche. Sinon, fais comme tu le sens! J'ai procédé dans celui-ci à l'hermétisme complet pour la majeure partie de ce qui est dit parce que je veux m'en servir comme témoin de mon passé (plus beau qu'un journal intime, non?) ou plutôt de ce que je pense à cette époque de ma vie. Le choix ne revient qu'à toi, et puis après tout ne sous-estimons jamais les lecteurs ! :P
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Waylander
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Message par Waylander »

Mais tu regardes South Park aussi! Dans mes bras!

Généralement, je floute au possible, histoire de pouvoir toucher, tout en insérant des élément très précis-comprenne qui pourra.
Un menuet? C'est est insensé! Un rigodon ou un passe-pied eussent été plus indiqués!
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Le goéland


Eclaboussé d'écume, allant par dessus l'eau,
Par delà l'horizon où la Lune s'efface,
La houle à ses plumes argentées, vole l'oiseau
Dans le désert humide, sans laisser de trace.

Il goûte le vent qui s'engouffre sous ses ailes,
Il a le piquant des étoiles dans les yeux,
L'embrun à la narine, au coin du bec le sel.
Il vole libre et seul, n'a ni seigneur ni dieu.

Au matin l'océan s'arrête à une plage,
Le sable doux et fin offre une chaude odeur,
Les arbres à la lisière ont l'air d'une cage.
Il se pose sur l'eau, ferme les yeux. Et meurt.
Ainsi parlait Aragathis.
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Merci des remarques (moi qui croyais que L'homme sans pied était irréprochable après tant de mois de boulot :( ) et des compliments! C'est vrai qu'ils sont récents, puisque le susdit Homme sans pied, même si je l'ai commencé vers octobre, a été fini il y a deux semaines à peine, et que Le goéland est plus proche encore et parle du rêveur (donc le goéland n'est pas le même que celui de Baudelaire, attention).
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Arg.
Comme le dit Romuald dans Garulfo (eh allez, une excuse pour dire un gros mot) : "c'est pas permis d'être aussi con!"
Ce pauvre Baudelaire doit se retourner sous sa stèle...
Ainsi parlait Aragathis.
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Yelti
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Message par Yelti »

Première expérience d'impair :

Le rai de poussières plein
De miettes de pain,
Et des lèvres couleur faim...
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Aragathis
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Message par Aragathis »

Yelti a écrit : Et des lèvres couleur faim...
Quelle excellente formule! :shock:
Ainsi parlait Aragathis.
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Waylander
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Message par Waylander »

Je n'ai, euh, pas compris. :oops:
Un menuet? C'est est insensé! Un rigodon ou un passe-pied eussent été plus indiqués!
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hsdcdb
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Message par hsdcdb »

Captain Boney Boone a écrit :Ces trois lignes parlent de misère, j'imagine.
A moins de supposer que l'être aimé rattrapé par les âges n'ait des toiles d'araignées autour de la bouche...
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )
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Yelti
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Message par Yelti »

Captain Boney Boone a écrit :Ces trois lignes parlent de misère, j'imagine.
Elles ne parlent d'absolument rien, à chacun d'y voir ce qu'il veut... Je n'avais pas pensé parler de "misère" mais pourquoi pas ? Ma vision du poème est sûrement plus proche de celle d'Hsdcdb quoique je n'en aie de précise.
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Yelti
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Message par Yelti »

Voici en guise de friandise un pastiche de La Jeune Veuve de La Fontaine, fait dans le cadre d'un devoir de français.
La Fontaine a écrit :La perte d'un époux ne va point sans soupirs.
On fait beaucoup de bruit, et puis on se console.
Sur les ailes du Temps la tristesse s'envole ;
Le Temps ramène les plaisirs.
Entre la Veuve d'une année
Et la veuve d'une journée
La différence est grande : on ne croirait jamais
Que ce fût la même personne.
L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits.
Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne ;
C'est toujours même note et pareil entretien :
On dit qu'on est inconsolable ;
On le dit, mais il n'en est rien,
Comme on verra par cette Fable,
Ou plutôt par la vérité.
L'Epoux d'une jeune beauté
Partait pour l'autre monde. A ses côtés sa femme
Lui criait : Attends-moi, je te suis ; et mon âme,
Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler.
Le Mari fait seul le voyage.
La Belle avait un père, homme prudent et sage :
Il laissa le torrent couler.
A la fin, pour la consoler,
Ma fille, lui dit-il, c'est trop verser de larmes :
Qu'a besoin le défunt que vous noyiez vos charmes ?
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Je ne dis pas que tout à l'heure
Une condition meilleure
Change en des noces ces transports ;
Mais, après certain temps, souffrez qu'on vous propose
Un époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose
Que le défunt.- Ah ! dit-elle aussitôt,
Un Cloître est l'époux qu'il me faut.
Le père lui laissa digérer sa disgrâce.
Un mois de la sorte se passe.
L'autre mois on l'emploie à changer tous les jours
Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure.
Le deuil enfin sert de parure,
En attendant d'autres atours.
Toute la bande des Amours
Revient au colombier : les jeux, les ris, la danse,
Ont aussi leur tour à la fin.
On se plonge soir et matin
Dans la fontaine de Jouvence.
Le Père ne craint plus ce défunt tant chéri ;
Mais comme il ne parlait de rien à notre Belle :
Où donc est le jeune mari
Que vous m'avez promis ? dit-elle.
C'est fou ce que le temps peut bien vous restaurer
Voyez pour vous en assurer
Ce jeune homme joyeux, l'air de fête qu'il morte :
Un an auparavant sa joie paraissait morte.
Mais s'il fut amoureux meurtri,
Il devint amant bien servi.
Un amoureux déçu est menteur pardonnable :
Il dit qu'il ne peut plus aimer,
Que rien ne peut le consoler ;
Mais plus tard, son état n'est pas misérable :
Il peut rire d'avoir eu tort,
Il 'a du faire aucun effort :
Le temps seul a quelque mérite
Et qu'importe s'il ne fait vite.
Ludwig s'était un soir vraiment bien entendu
Avec une certaine Elise
Qui n'avait d'autre nom connu.
La belle dut partir, Ludwig fit la bêtise
De noter son adresse : "Elise, Nullepart".
Le gentil Beethoven usa de tout son art
Pour lui faire une belle lettre...
Mais Elise ne répond pas.
Une semaine après le courrier ne vint pas :
"- Si elle ne répond demain, je me fais prêtre."
Promit le pianiste abattu de tristesse ;
Un long mois se passa : il ne tint sa promesse.
Dans son immense désespoir,
Ne sachant plus quoi faire, il composa sa Lettre
Qu'il joua du matin au soir,
Une saison, un an, plus d'un siècle peut-être...
Mais enfin tout Vienne agacé
Lui dit : "Ludwig, c'en est assez !"
Et on lui présenta les danseuses de la ville.
Là, Ludwig cesse de jouer,
Pour comme il ose l'avouer,
Ménager le piano ; puis part avec la fille
La plus belle de Vienne : il est donc consolé.
Il va maintenant composer
L'Hymne à la joie - puis se marie
Pour sa dernière symphonie.
Modifié en dernier par Yelti le 05 févr. 2009, 16:03, modifié 1 fois.
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groopynat
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Message par groopynat »

C'est pas mal du tout, Yelti, bel effort!
Mais dis-moi... tes essais d'impair, tu les testes aussi en pastichant La Fontaine? :wink:
Yelti a écrit :Mais plus tard, son état n'est pas misérable :
(je compte 11)
Yelti a écrit :Qui n'avait pas d'autre nom connu.
(je compte 9)

J'ai mal lu, ou peut-être est-ce une faute de copie?
En tout cas, j'ai bien aimé le clin d'oeil à la Lettre à Elise. Comme j'ai travaillé la semaine dernière sur les pastiches et les réécritures à la faveur d'un concours ardu, ce passage en particulier
Yelti a écrit :Ne sachant plus quoi faire, il composa sa Lettre
Qu'il joua du matin au soir,
Une saison, un an, plus d'un siècle peut-être...
Mais enfin tout Vienne agacé
Lui dit : "Ludwig, c'en est assez !"
me remémore la parodie ironique d'Anne Sylvestre:pour écouter ici, pour lire les paroles, :lol:

Quant au motif de la jeune veuve joyeuse, Georges Brassens l'avait réactualisé à sa façon dans "La fessée" :P
"La Providence, par des voies détournées, nous aurait donc menés droit au but?!" (IV,46)
Doña Hermine
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à mon tour...

Message par Doña Hermine »

Tome 1 : Le Secret du janissaire

Au détour des rayons d'une bibliothèque
une couverture bleutée, aussitôt m'a conquise ;
j'ai plongé dans la nuit étoilée de Venise
puis largué les amarres d'une superbe chébèque.

Des dialogues plein de verve, de nombreuses références
à d'illustres aînés, brillamment égalés ;
un dessin somptueux, les couleurs raffinées
d'une riche palette ; on côtoie l'excellence.

Don Lope l'Andalou, sombre et fier hidalgo
Armand de Maupertuis, baronnet d'Arudy
Hermine et Sélêné, l'adorable Eusebio,

Kader le janissaire, Cénile et Andreo,
ce sont les personnages de cette comédie
qu'eussent approuvée en choeur, Molière et Cyrano.

En un mot comme en cent, vous seriez bien incultes
si d'aventure vous négligiez cet album culte.

Tome 2 : Pavillon noir !

Je m'en vais vous conter la puissante impression
que produisit sur moi, le récit palpitant
des fort divertissantes pérégrinations
de nos compères capés et du vil capitan.

Après une folle poursuite en guise de hors-d'oeuvre,
je me suis délectée d'un fabuleux festin
composé de pirates, de vestiges sous-marins
et d'un vaisseau fantôme, guidé par une pieuvre.

Si, comme moi, vous aimez, les histoires d'aventure
de trésors, de mystères, et d'amours contrariées
cet album vous sera d'une plaisante lecture.

Moi qui goûte aussi l'art du verbe et de l'épée
et qui aime l'humour, subtil et malicieux
à vous je puis l'avouer : j'ai été transportée.

Et c'est ainsi, que sous vos yeux, je catapulte
ce volume exceptionnel, au rang d'album culte.

Tome 3 : L'Archipel du danger

L'humour atteint ici, toute sa quintessence
le dessin les couleurs, sont toujours prodigieux,
décidément, Ayroles et Masbou sont des dieux
pour avoir su créer une telle magnificence.

Leur génie saute aux yeux, dans les moindres détails,
que ce soit du dessin ou bien du scénario,
nul autre artiste ne leur arrive à la taille,
là tout n'est que finesse, élégance et brio.

Paysages de mer, nocturnes et tourmentés,
monstres marins, chasse au trésor et savant fou
tout cela enchaîné, afin de nous combler,

l'archipel du danger, recèle bien des surprises,
offre sa luxuriance et porte bien son nom ;
ainsi une fois encore, cette histoire m'a conquise.

Alors mes yeux pétillent, et mon coeur, même, exulte
puisque sur BDthèque, j'évoque cet album culte.

Tome 4 : Le Mystère de l'île étrange

Nous voici à présent, sur une île mystérieuse
et les coups de théâtre, au sens propre du mot
confèrent à cette histoire, ô combien merveilleuse
l'atmosphère incongrue d'un lever de rideau.

Comme toujours, avec nos deux auteurs bien-aimés,
l'humour va se nicher dans les moindres recoins
ainsi chaque vignette est à bien observer
car elle est dessinée avec le plus grand soin.

Les premiers d'entre nous qui ont acquis ce tome
ont eu le privilège d'y lire un impromptu
qui retrace la rencontre de nos deux gentilshommes.

Merci monsieur Ayroles, pour ce petit bonus
qui lève un peu le voile sur Armand et Lope
et prouve que vous n'êtes jamais à cours d'astuce.

Il faut que ce soit dit, que personne n'occulte
la rumeur qui affirme que cet album est culte.

tome 5 : Jean Sans Lune

L'aventure, maintenant, prend un tour scientifique
et c'est par le pouvoir d'un simple aérolithe,
objet tant convoité par Jean, le Sélénite,
que les auteurs nous offrent une histoire fantastique.

Mais avant d'entreprendre cet insensé voyage
qui promet à son tour d'être fort pittoresque,
nous faisons connaissance avec des personnages
dont le raffinement le dispute au grotesque.

Sur le raïs Kader, on en sait davantage
d'autres questions surgissent ; tout cela distillé
avec parcimonie, en un savant dosage.

Vous parlerai-je encore du dessin flamboyant
dont l'égale qualité, au fil des épisodes
est la source d'un immuable émerveillement.

Cet album est un souffle au milieu du tumulte,
des Lanfeust et consorts ; il n'en est pas moins culte.

tome 6 : Luna incognita

Cette histoire, encore une fois, nous fait naviguer,
et pour nous éblouir, nous décroche la lune.
L'univers sélénite, qui nous est proposé,
est pour moi d'une beauté à nulle autre commune.

Ayroles nous gratifie de ces précieux clins d'oeil
d'érudit plein d'humour, dont nous sommes si friands,
c'est avec facétie, qu'il évite l'écueil
de la répétition ou des atermoiements.

Voyager en ces pages est des plus enchanteur
tant, à manier leur art, les auteurs sont habiles.
La finesse des dialogues, la hardiesse des couleurs,

d'ingénieuses trouvailles, comme cette ville mobile,
des détails cocasses, tout est de même valeur
et me fait m'exclamer : "Mais jusqu'où iront-ils ?"

Devant toi cher lecteur, qui surfes et consultes
mon avis sur ce tome, je le proclame culte.

tome 7 : Chasseurs de chimères

C'est avec émotion, que dis-je, avec ferveur
que j'ai ouvert ce tome, si longtemps désiré ;
sa couverture, déjà, promettant le bonheur
que ses pages, sans nul doute, allaient me prodiguer.

Hé bien, je reste sous le charme de ma lecture.
La ville nocturne est belle, les chimères, elles, fascinent,
et l'intrigue, enfin, prend une savoureuse tournure,
piquant rebondissement, foi de Doña Hermine !

Masbou - je me répète, je le sais mais qu'importe !-
Est un génie dans l'art de la mise en couleur,
chaque planche est un choc, et l'impression est forte !

Ayroles, quant à lui, promène ses personnages
et cisèle ses dialogues, avec la gourmandise
de celui qui maîtrise, quand les autres surnagent.

Votre bibliothèque prendrait pour une insulte
que sur ses étagères, ne trône cet album culte.
_ ! Hermmano mio ! Serrez-moi dans vos bras !
_ Je le ferais volontiers, grosse brute, mais la pudeur me lie les mains !
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