Le maître d'armes et Séléné

Discutons de l'oeuvre: Tout sur nos héros, leurs aventures, les références, l'écriture...

Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

Avatar du membre
hsdcdb
Messages : 804
Enregistré le : 24 sept. 2007, 22:51

Message par hsdcdb » 29 janv. 2009, 20:42

Captain Boney Boone a écrit :
hsdcdb a écrit :Le passant, c'est le Comte de Guiche, qui vient voir Roxane nuitamment, histoire de conquérir ses faveurs, comme l'on disait puis.
C'est la citation d'un vieux post qui date d'il y a bientôt un an.
Je me demandais d'où venait ce "puis" postposé dont le tlfi nous dit qu'il n'existe pas. Du très vieux françois ?

L'expression "comme l'on disait puis" vient d'un auteur génial que je regrette d'avoir découvert très tard, juste quelques années avant sa mort. Je me suis vite rattrapé cela dit, et j'ai lu tous les livres qu'il a pu écrire, à quelques unités près. Ce n'est pas un auteur de bande-dessinée, mais un auteur de romans policiers, un jongleur de mots à la Lapointe, un humoriste à la Coluche et à la Desproges, un homme qui délirait avec la langue française comme le crackman délire après avoir sniffé sa dose, un sage qui dénonçait les travers de son temps à la mode rabelaisienne, un pur esprit attaché aux monde matériel et concret, un écrivain populaire qui s'affirmait ainsi sans vergogne, revendissant d'être un "écrivain de sanitaires" dont les livres se rangent à côté du "PQ", l'inventeur d'une galerie de personnages tous plus truculents les uns que les autres malgré leurs défauts et leurs qualités.

En un mot : San-Antonio.


Frédéric Dard utilise en effet fréquemment cette expression que je n'ai jamais comprise, mais que j'infère à ma façon et utilise à mon plaisir : "puis" est une anciennne forme de la conjugaison de "pouvoir" au singulier : Je puis, tu puis, il puit. On retrouve d'ailleurs cette forme dans l'inversion "Puis-je vous offrir trois S.-A. pour le prix de deux ?" Le radical revient aussi dans la conjugaison du subjonctif.

Forme ancienne, donc, peu usuelle. "Comme l'on disait puis" se comprend, pour moi, ainsi : "comme on disait avant". Toutefois, cette expression revient de temps en temps sous la plume de San-Antonio dans un contexte qui ne permet pas cette interprétation, je n'en puis donc (tiens ? Encore un usage qui perdure) assurer la définition.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

Avatar du membre
groopynat
Messages : 168
Enregistré le : 04 nov. 2007, 02:30
Localisation : Picardie

Message par groopynat » 04 févr. 2009, 12:08

AmélieD a écrit :En même temps, dans une bonne comédie, les dernières scènes permettent aux personnages de se reconnaître.
...
Vu le peu de temps qui leur reste pour achever l'histoire, il me semble même probable qu'ils aient choisi le scénario le plus simple...
Je n'ai pas trop le temps de rien dire, mais ça fait belle lurette que je n'en pense pas moins qu'Amélie. Et puis elle explique si bien tout ça que ça me dispense d'ajouter quoi que ce soit. Je voulais juste indiquer mon camp :wink:
"La Providence, par des voies détournées, nous aurait donc menés droit au but?!" (IV,46)

Avatar du membre
eusebio
Messages : 379
Enregistré le : 06 janv. 2008, 19:18
Localisation : Demandez a la CIA!!

Message par eusebio » 04 févr. 2009, 14:49

La trame de Séléné est à coup sur plus complexe que celle d'Hermine. Le MA a un rapport avec Séléné, mais quelle en est la nature? Si Séléné est effectivement la princesse de la lune, le MA a surement connu la petite. Et peut-etre meme a assisté au moment où elle a "chu". Si tel est le cas, tout serait expliqué: l'odeur qui lui indiquerait que la princesse était retrouvée, car un nez comme lui ne se serait pas trompé et n'aurait pas oublié son odeur en une vingtaine d'années. Ses relations, et son origine: c'est la fille perdue du couple royal. Le silence du MA apres sa decouverte serait due a son intelligence: un information telle, en temps de guerre, peut couter la vie à Séléné, ou alors la jeune femme pourrait servir de monnaie d'échange. Il n'y a meme pas a beaucoup reflechir pour remarquer qu'il serait idiot de divulger sur-le-champ sa découverte. La seule zone d'ombre reste donc le bijou de la pupille de Cenile, mais pour cela je reste accrochée a mon ancienne hypothese. Il est probable que, des deux passés des fiancées de nos héros, celui de Séléné soit révélé en premier. Sa clef est sur la lune, tandis que celle d'Hermine semble plus reposer sur Terre. Semble, car il est possible que tout soit résolu sur la lune.

Séléné, est en revanche, sans hesitation, une sélénite. Le premier indice rêpose en son nom, le second en la reflexion d'Hermine dans le tome 6 "comment aurait elle pu ainsi s'elever dans les airs, si ce n'est sous l'effet de la vive sympathie qu'elle éprouve pour sa planete d'origine?" le troisieme en son caractère: calme, elle aspire à une vie heureuse et sans péripéties, croit au prince charmant et est séduite par les poésies d'Armand. Elle ne veut, au contraire d'Hermine, ni participer a la guerre, ni partir avec Armand et Lope chercher le maître d'Armes, ni apprendre a ce battre. Elle est démunie quand elle se fait agresser par Mademoiselle. Elle ne résiste par ailleurs pas bien longtemps face a Mendoza, sur Terre. Elle ne propose pas non plus de fuir, elle attend seule qu'Armand rentre victorieux. Le prince Charmant, j'vous dit. Elle est douce et naïve. Le caractere Sélénite par excellence. Le quatrieme lui, en sa ressemblance troublante avec Mademoiselle, une sélénite de souche, avec qui elle a certainement un lien de parenté.
"Et tandis que les squales vous mettront en pièces, nous ricanerons de manière terrible!"

(\__/) (\/)
(='.'=) ( '.')
(")_(") (('')('')

Avatar du membre
groopynat
Messages : 168
Enregistré le : 04 nov. 2007, 02:30
Localisation : Picardie

Message par groopynat » 04 févr. 2009, 21:54

Aaaah, eh bien là, je te suis aussi, dans l'ensemble, Eusebiotte! Dis donc, que d'élucubrations, de réflexions, de déductions! Tu m'épates (de lapin :wink: )
"La Providence, par des voies détournées, nous aurait donc menés droit au but?!" (IV,46)

Avatar du membre
AmélieD
Messages : 167
Enregistré le : 09 oct. 2008, 20:57
Localisation : Caesaromagus

Message par AmélieD » 05 févr. 2009, 19:12

Ton analyse est très juste, Eusèbe. Quel petit lapin intelligent !

La résolution de l'énigme des origines de Séléné sera certainement un moment intéressant. Et le Maître d'Armes, le seul à avoir une idée à ce sujet, devra bien venir nous dire ce qu'il en pense... Peut-être est-il celui qui mit au cou de la petite princesse une pierre de lune, afin de permettre à la pauvre enfant de revenir un jour sur son astre natal ?
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !

Avatar du membre
eusebio
Messages : 379
Enregistré le : 06 janv. 2008, 19:18
Localisation : Demandez a la CIA!!

Message par eusebio » 05 févr. 2009, 22:03

Merci, Amélie, et de plus ton opinion sur la pierre de Lune est interessante. Mais la petite princesse n'est elle pas censée avoir "chu" des cieux? Si le MA a mis au cou de la princesse la pierre, c'est qu'il savait ce qui allait lui arriver. Le MA, malgré son insupportable caractere, est intelligent. Voulait-il proteger la princesse, et lui a mis ce collier? Ou, pour la proteger de la guerre, l'a-t-il lui-meme envoyé dans l'espace, avec à son cou une pierre de lune, qui lui permettrait de retourner sur son astre. Peut-etre le MA avait il offert l collier au bébé alors qu'il y avdans ait un risque qu'elle tombe sur Terre, a cause du coup d'Etat.


Mais il n'a pas vraiment pu l'envoyer l'espace en personne, la fillette ayant chu "au plus fort de la bataille", bataille ou le MA etait occupé a defaire cinquante (soixante?) sbires de Monsieur. Un cadet peut-etre, sur ordre du MA. Mais la seule hypothese viable est un ordre du MA, car la prévention est a supprimer. Il arrive alors que prince Jean allait "livrer ses captifs aux emous ondoyants d'une riviere de diamants"? et commence imédiatement le combat. Et les cadets devaient etre occupes egalement. Et le couple royal n'etait pas au courant de la pierre de lune au cou de leur fille, ce qui exclut la plupart des possibilités d'un plan du MA conçu longtemps à l'avance. La fille est tombé au milieu de la bataille, pendant laquelle le MA combattait, et il etait arrivé au tout debut, il n'a pa eu le temps de s'occuper de la petite. Peut-etre l'a-t-il fait avant. Mais les parents auraient eu egalement une pierre, je pense. Je reste donc fidèle a mon ancienne hypothese.
"Et tandis que les squales vous mettront en pièces, nous ricanerons de manière terrible!"

(\__/) (\/)
(='.'=) ( '.')
(")_(") (('')('')

Doña Yasmina
Messages : 10
Enregistré le : 24 janv. 2009, 15:14
Localisation : un quartier de Poitiers nommé Maracaïbo ^^

Message par Doña Yasmina » 05 févr. 2009, 22:40

hsdcdb a écrit :Cyrano meurt en effet à la fin de la pièce, mais Paul Féval Fils a écrit une suite à la pièce (sous forme d'une série de romans, 3 romans en tout, plus 4 autres qui racontent ce qu'il se passe entre 1640 et 1655) dans laquelle il explique que Cyrano n'est pas vraiment mort, mais qu'il a été juste mis en léthargie pour tromper tous ceux qui voulaient le faire "mourir d'un accident", comme le glisse le Maréchal de Grammont (ancien Comte de Guiche) à Le Bret, au début de l'acte V (scène 3 si j'ai bonne mémoire).

Santo cielo !!!!! -comme dirait Don Lope - quelqu'un connaît Paul Féval ! ça existe donc encore !!!!!! Merci !!!

Car je suppose que quelqu'un qui connaît Paul Féval fils (que, honnêtement, je ne trouve pas formidable, mais il est vrai que je n'ai lu que 2 romans de lui, et pas celui dont tu parles) connaît forcément le vénérable mais hélas peu vénéré Paul Féval père, auteur du Bossu (=le roman maintes fois adapté à la télé, qui raconte les péripéties connues par le chevalier Henri de Lagardère sous la Régence) !

Et à propos, pour ceux qui connaissent les aventures de Lagardère, pensez-vous que la botte à la un-deux-trois soit un clin d'oeil à la redoutable botte de Nevers ?
"Delenda Cartilage !" aurait tonné Caton, / S'il avait ouï ce nom qu'on mouche en baryton / Barrir à la façon d'une trompe punique ! / Voilà, c'est fait, passons à sujet plus comique." (Armand à "Cyrano", acte VIII)

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Message par Aragathis » 06 févr. 2009, 18:42

Peut-être un petit clin d'oeil, puisque le premier mouvement de cette botte vise le point atteint par la botte de Nevers : entre les deux yeux. D'ailleurs, Féval était bien marrant mais nul en anatomie : à cet endroit, l'os empêcherait ces fines lames légères de s'enfoncer. Par contre, il suffirait de viser un peu à côté, et... Mon oeil! Je suis borgne!
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Message par Aragathis » 06 févr. 2009, 19:41

Absolument pas. Le point décrit dans le bouquin est l'un des plus résistants de la boîte crânienne... Mais c'est vrai qu'il est classe.
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
eusebio
Messages : 379
Enregistré le : 06 janv. 2008, 19:18
Localisation : Demandez a la CIA!!

Message par eusebio » 07 févr. 2009, 12:21

Ah mais entre la maniere lache "je creve un oeil et j'ai gagné" et mettre son epée en travers de la tête, de façon classe et noble, faut avouer que le choix est vite fait!
"Et tandis que les squales vous mettront en pièces, nous ricanerons de manière terrible!"

(\__/) (\/)
(='.'=) ( '.')
(")_(") (('')('')

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Message par Aragathis » 07 févr. 2009, 16:12

Ben oui. Les soudures entre les os sont les endroits les plus solides : c'est pour ça qu'il est quasiment impossible de se re-péter un os au même endroit : là où il s'est recollé, il est plus résistant qu'à côté.
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Message par Aragathis » 07 févr. 2009, 18:00

Mes (faibles) connaissances en anatomie et en médecine ne me viennent que de mes lectures éparses, puisque je tombe dans les pommes à la vue des organes. Donc je n'ai aucun lien à te proposer, mais je suis sûr d'avoir lu quelque part, il y a longtemps, que l'endroit visé par la botte de Nevers la rend inefficace par sa résistance.
Ainsi parlait Aragathis.

Doña Yasmina
Messages : 10
Enregistré le : 24 janv. 2009, 15:14
Localisation : un quartier de Poitiers nommé Maracaïbo ^^

Message par Doña Yasmina » 09 mars 2009, 10:59

Dommage dommage... Parce qu'elle est effectivement très classe, la botte de Nevers ! Mais j'ai lu quelque part que Féval, en effet, ne connaissait rien à l'escrime, qu'il est allé se renseigner auprès d'un maître d'armes pur être crédible sur le coup de la botte mais qu'il avait tout oublié le temps de rentrer chez lui !

Conclusion : le Bossu continuera à me faire rêver, mais si un jour je me fais agresser et que j'ai par hasard une épée sous la main, je ne viserai pas le point entre les deux yeux ^^
"Delenda Cartilage !" aurait tonné Caton, / S'il avait ouï ce nom qu'on mouche en baryton / Barrir à la façon d'une trompe punique ! / Voilà, c'est fait, passons à sujet plus comique." (Armand à "Cyrano", acte VIII)

Avatar du membre
hsdcdb
Messages : 804
Enregistré le : 24 sept. 2007, 22:51

Message par hsdcdb » 09 mars 2009, 11:41

Dumas nous a bien appris qu'il était permis de violer l'histoire, à condition de lui faire un enfant.

Féval alors, s'il a violé l'escrime et l'anatomie, leur a fait un enfant des plus jolis, non ? Et puis, cette botte n'est-elle pas plus belle du fait qu'elle est impossible ? C'est-à-dire que personne n'a jamais réussi encore à la reproduire...

8)
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

Avatar du membre
kervin
Messages : 1141
Enregistré le : 21 févr. 2008, 18:51

Message par kervin » 09 mars 2009, 15:38

Je suis entièrement d'accord avec Hsdcdb. Je ne peux m'empécher de repenser au film avec Jean Marais... grandiose... sublime... bon je le regarder avec passion et les passes d'escrimes faisaient naturellement partie de mes scènes préférés. :oops:
La botte de Nevers une vraie merveille.... et vous m'apprenez qu'elle est impossible... peu importe ! Quand un Renard se balladera en compagnie d'un Loup sur la lune j'accepterai de perdre mes rêves.
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

Répondre