Citations iconograhiques

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Yelti
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Citations iconograhiques

Message par Yelti » 06 nov. 2012, 23:43

Un p'tit topic pour partager tableaux, dessins, caricatures et que sais-je encore, au gré des envies..

J'ouvre avec du Rebeyrolle :
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Et un petit Zinaida Serebryakova (à vos souhaits !) pour finir :
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Scarabouille
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Re: Citations iconograhiques

Message par Scarabouille » 07 nov. 2012, 22:22

Ouais : des erreurs de proportion. Ou alors elle a eu un problème de croissance.
Tel Anubis le Chacal, Reine-Mère, vous avez l'oeil fourbe et la dent furtive !

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Yelti
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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 07 nov. 2012, 23:27

T'en voilà des proportions ! Et la preuve que l'ultra-académisme fait parfois de beaux regards aux femmes :

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(Je vous dit pas de qui c'est. C'est pas que j'ai honte. Mais ces gens-là sont non grata dans les expos depuis que c'est Van Gogh qu'on vent pour des millions.)

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RedSean
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Re: Citations iconograhiques

Message par RedSean » 08 nov. 2012, 08:48

Oui il y a mais..bougre...oh !

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Re: Citations iconograhiques

Message par Laurent Jerry » 08 nov. 2012, 09:27

C'est Bouguereau, non ?

EDIT : Oups, trop tard.
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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 08 nov. 2012, 18:15

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Le meneur de cheval, nu - Picasso

"Qui est le plus nu dans le meneur de cheval nu de Picasso, le meneur ou le cheval ?" Michel C. Thomas

Poupi
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Re: Citations iconograhiques

Message par Poupi » 08 nov. 2012, 18:34

Décidément, j'aime pas Picasso.

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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 08 nov. 2012, 21:20

Poupi a écrit :Décidément, j'aime pas Picasso.
Décidément, j'aime Picasso. :mrgreen:
Le cheval a effectivement un petit côté imberbe.
Drôle que tu le remarques. J'ai nommé un devoir d'écriture - qui a pour sujet ce que j'ai cité - "Cheval glabre".

En guise d'antithèse : Jeune homme et cheval, toujours de Picasso; et Lady Godova de John Collier, un mi-préraphaélite mi-académiste.

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Re: Citations iconograhiques

Message par Aragathis » 08 nov. 2012, 21:36

Drôle de mélange pour le second.
Ainsi parlait Aragathis.

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Re: Citations iconograhiques

Message par Poupi » 09 nov. 2012, 07:43

On dirait une pub pour neuf telecom.

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Re: Citations iconograhiques

Message par Poupi » 09 nov. 2012, 13:37

Afin de ne pas laisser l'ours bolchevique monopoliser la discussion en fût-il l'initiateur, et avec un brin de provocation, je poste ceci :





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Re: Citations iconograhiques

Message par RedSean » 09 nov. 2012, 14:51

Le terrible Christ de Saint-Clément de Tahull arraché de son emplacement originel et aujourd'hui conservé dans le musée d'art catalan à Barcelone. C'est une des peintures romanes les plus impressionnantes et témoigne de la vitalité artistique de l'Europe méridionale au cours de la première moitié du XIIème siècle. Elle pourrait en effet faire écho à l'impressionnant Christ-Juge du tympan de Saint-Pierre de Moissac. Il nous suffit maintenant d'imaginer ces couleurs pures chatoyer aux lueurs de candélabres devant des fidèles émus.

Edit: j'aime ce topic..attendez, ne partez pas !

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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 09 nov. 2012, 17:44

Non seulement l'expo est cool, mais on peut resquiller la visite guidée ! Merci Poupi, merci RedSean !

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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 20 nov. 2012, 18:36

Cheval glabre

À Michel C. Thomas

Dans le meneur de cheval nu de Picasso, qui est le plus nu, le meneur ou le cheval ? La question fut posée comme ça, l’air de rien, par un écrivain vieil et coquet. -- Il y eut d’abord une dizaine de secondes où l’on ne se rendit compte de rien, et puis quand elle s’imposa à la conscience de tous, qu’elle résonna dans les crânes comme un cri grésillant dans les néons – tout fut suspendu. Les bavardages abrutissants, la fatigue des intelligences, l’isolement des bonnes âmes, autant de choses qui furent abolies. Et même le mec aux manches de chemise blanche retroussées des think tank interrompit sa phrase en plein vol. On avait reconnu immédiatement le nœud où toutes les ficelles du monde se concentrent. Tout était là. Plus question de dispersion. On sut que plus rien ne pourrait être dit, entreprit, espéré, parié – que plus aucune autre question ne pourrait être posée tant qu’on n’aurait pas donné sa réponse à celle-ci. Il fallait répondre, on fit appel aux meilleurs spécialistes de tous les domaines d’expérience et de savoir humains. On mobilisa les armées et les universités, les Eglises, les polices, les cours d’assises, les hôpitaux et les programmes spatiaux, les cours élémentaires et les centrales nucléaires. On fit descendre des grottes les ermites savants, se lever de leur banc les vieux à casquette, on convoqua les poètes, les militants, les peintres en bâtiment, les zoologistes, les équilibristes, les phénoménologues, les astrologues, les chefs étoilés, les plombiers… L’angoisse se mêla à une fébrilité jubilatoire. Comment vivre à présent sans répondre, sans avoir répondu, à la question de l’homme et du cheval ?

Il y eut d’abord des linguistes qui se proposèrent de répondre à la question par le seul examen du titre de l’œuvre. Le meneur de cheval nu. Car c’était ici même, selon eux, que le paradoxe était contenu. L’adjectif « nu » qualifiait-il le complément du nom, dans le quel cas la réponse serait « le cheval ! », ou portait-il sur le syntagme nominal entier, dans quel autre cas la réponse serait « le meneur de cheval », savoir le garçon ? Ils, les linguistes, commencèrent par pester contre Picasso. Que n’avait-il pas titré son tableau en latin, en polonais ou en letton ! Ainsi on aurait su la réponse selon que « nu » fût au génitif ou au nominatif ! Quand ils eurent fini de s’arracher les cheveux, je crois qu’ils optèrent pour le garçon. Vous trouverez leur thèse à la bibliothèque universitaire pour avoir la démonstration complète, mais je crois que pour eux le syntagme « le meneur de cheval » faisait bloc, et que surtout, le nom cheval ne pouvait être qualifié, car il apparaissait dépourvu article, dans un contexte virtualisant. Les linguistes étaient très fiers d’eux, quand un journaliste se présenta à eux, leur disant que selon ses sources – sûres – le tableau s’intitulait en vérité Garçon conduisant un cheval ou encore Le meneur de cheval, nu avec une virgule qui réduisait le nu à une pure indication générique. Il faut aussi dire que nos disciples de Guillaume avaient oublié d’aller voir le tableau, sans quoi ils auraient compris que la question n’était pas de savoir qui est nu - car il est visible qu’ils le sont tous deux - mais qui est le plus nu.

Le journaliste – celui-là même dont nous venons de parler – se mit en tête afin d’obtenir une information neutre, objective et indisputable d’aller se renseigner auprès de la source la plus fiable, à savoir Picasso lui-même. Ses investigations lui permirent d’établir que Picasso était indiscutablement mort. Il voulu interviewer à défaut un de ses amis, mais Max Jacob s’avéra, soyons neutres, le dernier des imbéciles, et Claude Roy était objectivement mort.

Le tableau quant à lui, que ni le journaliste ni les linguistes n’avaient pu voir, avait été livré à différents laboratoires, universités, pour que tour à tour la chimie, l’anthropologie (et plus marginalement l’hippologie), les mathématiques, la psychologie, viennent offrir à la toile la rigueur et la précision de leur analyse. Il en résultat d’innombrables thèses de troisième cycle, qui puisqu’elles étaient inintelligibles furent expliquées chacune de dix manières contradictoires par dix nouvelles thèses. On apprit tout de même qu’il s’agissait d’une huile sur toile – et que ce n’était pas de l’huile d’olive – et une psychologue bouffie d’empathie, soulignant que, contrairement à son conducteur et en raison de sa position, le cheval n’offrait pas à la vue du public ses parties génitales, décréta que le jeune homme devait être plus affecté par sa nudité, autrement dit qu’il était psychologiquement plus nu. Ce qui donne surtout à réfléchir sur le sens de l’adverbe « psychologiquement ».

« J’avais ton œil de face.
Et je l’ai retourné. »
dit Boney Boone. Aussi quelques poètes voulurent passer de l’autre côté du miroir -- plus à la Jacques Rigaut qu’à la Alice. Ne plus être là face au cheval et au garçon venant à eux, mais s’engluer dans la toile pour regarder dans la même direction qu’eux. Extorquer la réponse aux principaux concernés, aux personnages en personne, en les faisant parler. – Le vieil écrivain coquet aurait vu là un sacrilège, de la même façon qu’il condamna le poète un peu trop bavard qui avait voulu donner le verbe aux personnages de Hopper. Mais cependant qu’il faut admettre que les images de l’Américain sont recouvertes d’un trop parfait silence pour ça, il faut aussi reconnaître que la peinture de Picasso n’a pas été passée au même vernis. Pas la peine de compter les craquelures. – Enfin tout ceci pour rappeler que les poètes commencent toujours pas perdre un temps fou à se poser la question de leur légitimité (au lieu de quoi ils feraient mieux de se demander s’ils sont bons ou mauvais). Quand ils eurent retourné leur œil, pour embrasser le regard baisé du jeune bronzé, ils virent les pieds fouler la terre rougie par le soleil. Ils éprouvèrent la nudité comme ils ne l’avaient jamais éprouvé – avec la peur que le vent détachât des poussières rouges et qu’elles vinssent s’attaquer à cette peau à fleur de tout. Certains imaginèrent même des lianes bleues leur enserrer les jambes, mais ils échouèrent à pénétrer le regard du cheval. -- Je ne me souviens plus s’il y eut ce jeune poète qui, s’il fut, serait revenu sur cette idée de « faire parler » les protagonistes. Faire une promenade dans leur tête pour y trouver de la parole, pourquoi pas, mais il fallait d’abord prendre acte des bouches closes. Le mutisme est-il une nudité ? Et des deux, qui est le plu muet ? Entre le mutisme noble du cheval, et celui renfrogné et obstiné du garçon ? Le jeune poète marcha à leur côté, dignement tu, il ressenti quelque chose d’une marche courageuse et obstinée vers un je ne sais quoi. Il n’en revint pas pour en témoigner.

Mentionnons avant de conclure quelques esprits sensés qui firent remarquer qu’il était plus habituel pour un equus caballus d’aller nu que pour un homo sapiens – que si le cheval était certes nu comme Adam, il n’en avait à n’en pas douter pas connaissance. Malheureusement le bon sens n’exclue pas la candeur et il fallut leur expliquer qu’en peinture les choses sont tout l’inverse. (Le Lady Godiva de Collier – qui n’était pas un extravagant – suffit pour convaincre. Ils convinrent sans discuter que la lady était irrémédiablement et diablement nue, et que ses cuisses nues enserraient un cheval pudiquement vêtu d’une ample, très ample, robe rouge. Et d’ailleurs, pour en revenir à Picasso, le bourrin à la gorge hirsute de Corrida a mis pour l’occasion ses plus beaux habits -- on ne dirait pas mais il faut s’en convaincre puisqu’il est barbu.) On fit enfin remarquer – sans oser en tirer l’implacable conclusion – que Picasso avait d’abord fait une étude où il avait vêtu son petit meneur et lui avait posé la main sur le cœur, Jeune homme et cheval, un parfait anti-Lady Godiva.

Main sur le cœur qui aurait dû déclencher le réveil ! On n’avait pas vu ce sur quoi, sur la toile définitive, se refermait la main gauche du meneur. Personne ne remarqua que le cheval allait tellement nu que le garçon était tenu de le conduire avec un invisible licou. Si invisible que personne ne l’avait vu, je veux dire n’avait vu qu’on ne pouvait la voir. À vrai dire, avant que de pouvoir accéder à ce niveau raffiné d’analyse, on avait déjà conclu que le meneur de cheval nu ne nous mènerait nullement au paradis, et qu’en conséquent, on s’était depuis le début tromper de question. Glabre cheval couleur ciel, triste meneur couleur terre, ta nudité pleine de poussière vous mène tous deux vers l’ocre terre ! Nu cheval, né pour boire l’eau sans boue et le ciel sans poussière, ta glabre tête passera dans quelques instants sous le barreau de l’horizon.

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Re: Citations iconograhiques

Message par Yelti » 20 nov. 2012, 18:40

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