Mieux vaux plus tard que jamais

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Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 30 mai 2012, 19:50

Captain Boney Boone a écrit :Il vaut mieux créer un sujet sur ma célèbre formule : mieux vaux plus tard que jamais.
L'idée est excellente, je la consacre. Je laisse l'auteur ouvrir les festivités.

De plus, nous avons une concurrence hors-norme qui me permet d'avoir une confiance totale en la réussite de ce sujet !
http://www.jeuxvideo.com/forums/1-51-10 ... jamais.htm
Modifié en dernier par personne le 03 juin 2012, 00:02, modifié 3 fois.
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 31 mai 2012, 01:15

Quelle erreur?
Sinon, je contredis avec joie. Mieux vaux jamais que plus tard. Ce qui ne se fait pas maintenant n'a pas plus de raison d'être plus tard, non ? Tu ne commettras point de procrastination! (20.14,5)
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 01 juin 2012, 16:14

Certainement, mais ce n'est pas une réponse. J'ai au moins le mérite de brasser, ce qui est honorable. Et, puisque ce sont tes mots, défends-les !
Néanmoins tu n’as pas tort. Je vais tenter de moins brasser et de construire une ébauche de raisonnement.
Je pourrais avancer, par exemple, que dans « mieux vaux tard que jamais » (le dicton d‘origine), il y a une forme de sagesse : « tard » ne marque pas de rupture, il y a seulement l’idée de « lenteur » (on rappellera que « tard » vient du latin « tardus » qui signifie « lent » ; ce qui peut sous-entendre un travail méthodique, qui ne précipite pas le raisonnement).
En revanche, « plus tard » marque une rupture. Le « plus », puisque c’est avec ce mot-là que tu as joué sur le sens de l’expression, vient adjoindre l’idée qu’il faut le faire, peu importe les circonstances : il faut pour ainsi dire « remplir » (et d’ailleurs, le verbe remplir n’est-il pas formé sur *pleo, qui a donné le « plus » dont il est question ?) .
Cet aphorisme pourrait ainsi suggérer (mais si j’extrapole, qu’on m’arrête) qu’il ne faut rien laisser de côté, peu importe la qualité du raisonnement.
Bref, si ça n'intéresse personne, tant pis. Ce n'est que partie remise.
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 02 juin 2012, 23:50

Bien sûr, ce sont des dictons ironiques. Mais l'ironie ne doit-elle pas être prise au sérieux, après tout ?
Captain Boney Boone a écrit :Sinon, remettre à demain n'empêche pas celui-ci d'arriver (maintenant fait parfois ce dont jamais aurait dû se charger)
Demain est une incertitude. Rien ne peux reposer sur une notion telle que celle-ci. Qui nous dit qu'il y aura un demain ? Tout ce que l'on peut faire, c'est agir maintenant dans l'éventualité d'un demain, en fonction de notre rapport à cet aléatoire "demain" ; mais on ne peut (moralement parlant) reporter une action à demain... Reporter à demain, c'est ne pas assumer ce "maintenant", et davantage ; c'est ne pas assumer l'absence d'action présente.

C'est d'ailleurs toute l'ambigüité de la notion de "progrès", qui suggère que "demain ne peut être que mieux qu'aujourd'hui"... Ce qui devient d'ailleurs une excellente excuse pour ne rien faire. Camus le dit mieux que moi : "Lorsqu'on est assuré que demain, dans l'ordre même du monde, sera meilleur qu'aujourd'hui, on peut s'amuser en paix. Le progrès, paradoxalement, peut servir à justifier le conservatisme." ; mais ceci n'est qu'une parenthèse, dont l'intérêt est d'illustrer l'incohérence d'une telle pensée.
Je me répète : l'ironie du dicton ne m'a pas échappé. Ce qui est intéressant (ou du moins là où je m'obstine à trouver un intérêt), c'est de prendre l'aphorisme hors son contexte, tel que tu l'as présenté au chat forisant ; plus en tant que "devise"...

(Il faut reconnaitre une certaine habileté à passer outre ce fatidique verbe "valoir". Quel panache nous avons.)
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 03 juin 2012, 01:07

C'est d'ailleurs toute l'ambigüité de la notion de "progrès", qui suggère que "demain ne peut être que mieux qu'aujourd'hui"... Ce qui devient d'ailleurs une excellente excuse pour ne rien faire. Camus le dit mieux que moi : "Lorsqu'on est assuré que demain, dans l'ordre même du monde, sera meilleur qu'aujourd'hui, on peut s'amuser en paix. Le progrès, paradoxalement, peut servir à justifier le conservatisme."
Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Donc un cheval bon marché est cher.

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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 03 juin 2012, 15:57

Acceptons que demain est une certitude, et nous refusons de dire « jamais ». Jamais, tels sont tes mots, détruit demain car il le rend formel.
Mais n’est-ce pas l’acte de donner forme à demain qui fait exister celui-ci ?
Je disais que demain est incertain. Je m’en vais préciser la chose.
Jamais n'est pas seulement la mort. C'est la certitude. Jamais pose les limites. Il fait de la mort l'astucieux élément qui enchaîne le "plus tard" dans des proportions humaines : il donne son sens à ce demain.
Demain est incertain : il peut ou pas nous appartenir. Ainsi nous pousse-t-il à l’action, à la création. La question de la mort est en jeu, en effet. Demain est entre l’action et la mort, il est donc totalement hypothétique, mais pas pour autant incohérent.
Il donne sens et à l’action, et à la mort.
Que nous dit jamais ? Il nous dit que demain n'est pas tout et n'importe quoi. S'il n'est pas possible d'opposer un jamais au plus tard, alors le temps nous échappe. Mais l'action n'est pas là : agir, c'est "prendre son temps", s'en emparer (d'où la pertinence de "mieux vaut tard que jamais"). Le temps est un outil qui se saisit à condition de lui poser des limites. Jamais ne détruit pas demain, il le crée.
Mieux vaut la vie que la mort ? Je réponds : mieux vaut la vie avec la mort.

Poupi, je ne vois pas où tu veux en venir..
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 03 juin 2012, 16:44

Quand on a une excuse pour ne rien faire, on ne progresse pas. La foi dans le progrès est une excuse pour ne rien faire. Donc la foi dans le progrès est anti-progressiste.

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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 03 juin 2012, 17:29

C'est très résumé, mais ça ne me parait pas choquant. Où serait l'erreur de ce raisonnement selon toi ?
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 03 juin 2012, 18:41

Y'en a pas. Comme pour le cheval. ça me rappelle aussi ton raisonnement : "Les concepteurs d'anti-virus ont intérêt à ce qu'il y ait des virus pour qu'ils aient du travail. Donc en fait, ce sont eux qui créent ces virus qu'on les paye à combattre".

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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 03 juin 2012, 19:22

Le temps passe et je reste le même. Ne suis-je pas merveilleux ?...
Sincèrement, si un syllogisme a ses limites, cela ne l’empêche pas d’être pertinent. Je ne vois pas en quoi mes propos sont abusifs : considère que ce sont des remises en question plus que des affirmations.
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 03 juin 2012, 21:24

Sans vouloir être déplaisant, je trouve surtout que c'est de la masturbation intellectuelle sans accroche dans l'existence. Mais je suis de mauvaise humeur.

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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 03 juin 2012, 23:20

évidemment, quand on sort des propos d'un contexte, tout peut avoir l'air sans accroche.
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 04 juin 2012, 01:01

Tiens, une défense qu'on dirait sortie de la bouche de Luc Ferry ou Michel Onfray.
C'est pas parce que je cite pas le contexte que je lis pas le contexte. J'ai cité ça parce que ça me semblait être le paroxysme du défaut qui m'irrite tant dans les paragraphes que tu as rédigé.

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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par personne » 05 juin 2012, 23:34

L'intérêt pourrait être d'étudier le rapport de l'homme au temps. Je n'aime pas le formuler de cette manière, mais comme le débat peine à émerger, et que l'angoisse du hors-sujet nous oppresse, ainsi soit-il. Il me parait plus ou moins évident que l'action, ou la création, sont des conséquences directes de ce rapport au temps (et de cette " question de la mort" dont tu parlais). Comment agir quand on a conscience de sa mort ? J'y vois là un aspect très pratique, avec accroche dans l'existence.
Il va me falloir un temps d'adaptation aux us et coutumes ; je m'excuse d'avance si j'ai vexé Poupi (Mais il m'est d'avis qu'il devrait se renseigner sur les virus informatiques).
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Re: Mieux vaux plus tard que jamais

Message par Poupi » 06 juin 2012, 11:55

Je pense que ce que tu dis, Capitaine (que la conscience de la mort n'influe pas notre comportement) est vrai en partie, mais mérite d'être nuancé.
Effectivement, l'homme vit "en immortel" ou "dans le divertissement" (selon qu'on se réclame d'Epicure ou de Pascal). Cependant, la conscience de la dégénérescence et la mort nous affectent dans notre vie quotidienne, au moins culturellement : nos mœurs sociales sont établies en relation avec cette échéance (âge des études, du mariage, de la retraite...). D'autre part, la conscience de notre finitude temporelle peut être l'un des facteurs (je dis bien PEUT être UN des facteurs) qui nous réveille philosophiquement, et nous encourage à sortir du tourniquet quotidien.
Notre vie d'immortels nous pousse à la circularité ; la conscience d'une fin (et la polysémie française du mot est ici intéressante) nous pousse à la linéarité. M'est avis que l'accomplissement de ceci se trouve dans une temporalité poétique ; je me répète et je pense que vous voyez où je veux en venir. La véritable spiritualité pose nos différents au-delà dans nos différents ici-bas ; et entre autres, elle pose l'après-vie dans la vie. Il ne s'agit ni d'Eternel retour, ni de téléologie.

Et sinon, effectivement, réduire le rapport au temps au rapport à la mort, même Camus n'a pas la connerie de le faire. Y' vraiment personne pour être aussi stupide (lol xptdr).

Enfin, Pépère, mon persiflage (qui n'est pas le fruit d'une vexation, mais d'une lassitude) au sujet des virus informatiques ne visait pas tant ta conclusion (même si j'ai une demi-douzaine de potes programmeurs dans la sécurité informatique qui n'ont jamais fabriqué de virus) que ton raisonnement.
Si je dis "tous les Athéniens sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un Athénien", je peux gueuler autant que je veux que la conclusion est vraie, le raisonnement n'en est pas moins d'une connerie désolante.

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