Parce que la lecture est une drogue...

Vous pouvez parler ici de ce que vous voulez... Littérature, cinéma, evènements, nouveaux sites internet...

Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

Avatar du membre
Battologio
Messages : 648
Enregistré le : 10 sept. 2009, 18:50
Localisation : Agatharchidès

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Battologio » 06 mai 2010, 21:44

Durant mon absence, je me suis entiché d'un auteur comme jamais, donc, fidèle à ma devise, je partage, je partage. Il s'agit, peut-être le connaissez-vous, de Jean-Bernard Pouy. Auteur génial (et prolixe) de romans au-delà de l'originalité, uniques, tordus, noirs, touchants, absurdes, jouissifs, la liste serait longue. Qu'on l'aime ou pas, il est unique en son genre, il crée et trace avec ses mots son propre chemin. Il écrit généralement de courts romans, qui sont d'ailleurs plutôt selon moi de longues nouvelles, parmi lesquels le plus grand d'entre les grands : Spinoza encule Hegel, un titre troublant mais qui cache un petit bijou de littérature, dense et fluide, brutal et cultivé. A lire.

Vous trouverez ici quelques miettes philosophiques de la pensée du maître, savoureux (surtout pour qui a trois brins de culture philosophique).
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Aragathis » 06 mai 2010, 22:39

Je suis fan de ce titre avant même d'avoir lu le bouquin, et ça tombe bien je passe à la médiathèque demain.
Sinon, ma découverte de la semaine est Je suis une légende, de Richard Matheson. Le livre diffère beaucoup du film qui en a été tiré, et la fin est particulièrement époustouflante.

Sinon, j'ai acheté une lithographie de Blacksad et une affiche de Pulp Fiction qui ira trôner à côté de celle de Las Vegas Parano.
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
Battologio
Messages : 648
Enregistré le : 10 sept. 2009, 18:50
Localisation : Agatharchidès

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Battologio » 13 mai 2010, 18:17

Hé hé moi aussi j'ai un grand poster de porte de Pulp Fiction, ce mythe. Ara, as-tu trouvé notre ami Pouy ?

En ce qui me concerne (je crois l'avoir déjà dit) je suis en ce moment dans une période polar, aussi je vous propose quelques pépites qu'il m'a été donné de lire et qui valent vraiment la peine pour ceux qui, comme moi, jugent qu'un bon roman noir en apprend plus sur la part sombre de la nature humaine que bien des traités spéculatifs...

- 1275 âmes de Jim Thompson : une plongée dans la banalité du vice d'un petit village perdu des Etats-Unis, animée de cette pointe d'absurdité, si propre à Thompson, déchirant le livre entre le rire et la folie.
A noter aussi l'excellent et unique 1280 âmes de J.B. Pouy, où un libraire part à la recherche des cinq personnages disparus entre le titre original de Thompson (Pop. 1280) et la traduction française (1275 âmes). Et toujours, Spinoza encule Hegel bien sûr.

- Satan dans le désert de Boston Teran : un trip brûlant comme le désert californien, lourd de la profondeur du mal et de la noirceur de la vie, ou seul un faible espoir se transformant peu à peu en haine vengeresse permet de survivre au milieu des loups déchaînés. Indescriptible, à lire absolument.

- Delirium Tremens de Ken Bruen (et, je suppose, toutes les enquêtes de Jack Taylor) : un polar irlandais fluide et noir comme une pinte de Guinness, mené par un excellent antihéros, détective privé alcoolique et lui même grand lecteur de romans policiers. Le style est sobre, très épuré, et en un sens semble une sombre poésie.

Enfin, dans du thriller peut être moins incontournable mais particulièrement efficace, je ne peux que vous recommander chaudement tous les bouquins de DOA, un très bon auteur français.
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

Avatar du membre
Lullaby
Messages : 215
Enregistré le : 17 août 2009, 10:33
Localisation : Indre-et-Loire

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Lullaby » 16 mai 2010, 22:29

Aragathis a écrit : Sinon, ma découverte de la semaine est Je suis une légende, de Richard Matheson. Le livre diffère beaucoup du film qui en a été tiré, et la fin est particulièrement époustouflante.
Tout à fait d'accord! Je l'ai lu il y a des lustres, mais sa fin m'est restée bien en tête! :) (C'est d'ailleurs pour cela que je ne suis pas allée voir le film, changer une fin aussi renversante que celle de Matheson, franchement, quelle idée!)
- Prenez ce collier, renard mon ami, il me suit depuis la naissance... Puisse-t-il vous rappeler, à travers ces épreuves, que je suis à vos côtés... de toute mon âme!
- Ah madame! Madame!
- Merveilleux! On n'a plus qu'à scier les barreaux avec!

Avatar du membre
Battologio
Messages : 648
Enregistré le : 10 sept. 2009, 18:50
Localisation : Agatharchidès

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Battologio » 23 oct. 2010, 21:16

Je suis en train de lire un des derniers bouquins de Maurice Dantec, auteur que j'apprécie tout particulièrement beaucoup. Il s'agit d'Artefact - Machines à écrire 1.0. Ce sont en fait trois textes assez courts (deux mini-romans d'une bonne centaine de pages et une nouvelle plus courte), qui condensent tout ce que ce type sait faire de génial. Originaux, forts, surprenants, intelligents... Son art de naviguer dans des dimensions totalement parallèles où les conventions éclatent et où son écriture coup-de-poing avance au rythme d'une pensée vertigineuse se révèle particulièrement dans le texte central (intitulé justement Artefact), court, incisif et qui vous laissera le cerveau à l'envers.
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

Avatar du membre
kervin
Messages : 1141
Enregistré le : 21 févr. 2008, 18:51

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par kervin » 05 nov. 2010, 09:49

Découverte grâce à un de mes miens amis de Lorand Gaspar, et son recueil Egée Judée, à la NRF.
Je ne peux que vous conseiller ce magnifique ouvrage, de poésie donc, et pour vous donner envie de lire, un léger "Spoil" :

"CHŒUR
Ces lueurs que des hommes ont touchées dans la pierre –
hommes à la parole trouée, saccagée de silence, ici et là inextirpable.
Nous ne connaissons du feu que cette part qui éclaire ou embrase, - mais qui interroge la flamme où elle est verte, où elle se perd ?
Qui a palpé la maçonnerie ardente entre les grains de musique ?
De cette langue qui a couru dans le lit défoncé de la parole –
[...] "

Découverte de Charles Bukowski par Au Sud de nul part. 26 courtes nouvelles.
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

Avatar du membre
kervin
Messages : 1141
Enregistré le : 21 févr. 2008, 18:51

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par kervin » 24 nov. 2010, 10:28

Je viens de lire, dévorer plutôt, L'insurrection qui vient, du Comité Invisible, aux éditions de la Fabrique.

Cela vous dit un truc ?
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

Avatar du membre
Battologio
Messages : 648
Enregistré le : 10 sept. 2009, 18:50
Localisation : Agatharchidès

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Battologio » 30 janv. 2011, 14:15

Depuis Noël où je me le vit offrir, je dévore Borgès, auteur cher à mon cœur, dont les œuvres inégalables et complètes ornent désormais ma cheminée.
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

Avatar du membre
RedSean
Messages : 102
Enregistré le : 12 mai 2008, 16:01

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par RedSean » 23 avr. 2011, 18:16

En lisant ce sujet en diagonale j'ai aperçu le nom de Terry Prachett et de son univers du Disque-Monde que j'ai tout d'abord découvert par le biais du jeux vidéo et des aventures de Rincevent. Je me suis donc tourné vers la source écrite de ce merveilleux jeu et à ma grande déception je me suis heurté à un récit relativement saccadé (je parle ici de la Huitième couleur), comme si l'auteur cherchait à perdre son lecteur. En ce qui concerne le style je pense que la traduction française ne rend entièrement compte de l'humour de Pratchett. Peut-être n'ai-je pas saisi l'intérêt de ce livre...

Ma suggestion du jour : Les salauds gentilshommes de Scott Lynch. Un style généreux porté par un très bon traducteur. Une histoire trépidante, des personnages charismatiques et un rythme effréné. Ruez-vous sans crainte dans le monde baroco-fantastique de cet auteur américain surprenant !

Avatar du membre
tibert
Messages : 128
Enregistré le : 04 mars 2009, 21:22

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par tibert » 16 mai 2011, 11:35

Pour un petit retour à des lectures faciles, pour ados
l'heroic d'avant la Fantasy façon Assassin Royal,
Une manière un peu sèche de dépoétiser la chevalerie en la rendant plus chthonnienne.
Voici Ansiau, chevalier bâtard, plouc et ambitieux (il convoite le fief du coin et ses trois champs).
Pas plus violent que ses pairs (bon! évidemment quand on est femme ou serf...)

Zoe Oldenbourg : "Argile et cendres"
Ne pouviez-vous chasser ces placides greffiers?
C'est que... j'ai très peur des chats.(VII.10)

Avatar du membre
tibert
Messages : 128
Enregistré le : 04 mars 2009, 21:22

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par tibert » 16 mai 2011, 18:42

A peine de retour, j'oublie le "d" de Rostand et mets deux "n" à chthonien! Gare aux oreilles!

Ce n'est pas que physiquement que je dois revenir en France.
Ne pouviez-vous chasser ces placides greffiers?
C'est que... j'ai très peur des chats.(VII.10)

Avatar du membre
kervin
Messages : 1141
Enregistré le : 21 févr. 2008, 18:51

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par kervin » 09 janv. 2012, 19:13

Tout comme un bon polar : On n'a pas toujours du caviar, de Johannes Mario Simel.

"Ce roman, qu'on a pu qualifier d'hybride de James Bond et d'Arsène Lupin, est construit sur un flash-back qui permet de suivre les inénarrables péripéties du héros de l'histoire, Thomas Lieven, entre 1939 et 1957, période durant laquelle ce jeune banquier de Londres n'accumulera pas moins de seize passeports de neuf nationalités différentes. Très riche lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, Lieven est un fin gourmet, un excellent cuisinier (on appréciera les recettes intégrées au récit) et un grand amateur de femmes. Ces particularités conjuguées l'aideront à se sortir des mauvais pas qui l'attendent au cours d'une époque pour le moins troublée où il verra tous les services secrets - allemands, anglais, français - l'approcher successivement. À chacun, Lieven proposera ses talents, toujours aux mêmes conditions : ni meurtre, ni kidnapping, ni torture. Il aide et trahit les uns, se fait arrêter ou libérer par les autres, fait chanter les uns et les autres, et les mène tous par le bout du nez. Au cours de ses aventures, il croisera bien entendu le chemin de nombreux personnages hauts en couleur et parfois bien réels comme Joséphine Baker et le futur commandant Cousteau. On l'aura compris, on ne résume pas ce livre, on le savoure, on le déguste et, au bout du compte, on en redemande."

Résumé Fnaqueue, sans doute piqué à l'éditeur.
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton." Gaston Bachelard.

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par Aragathis » 26 mai 2012, 13:50

Les auteurs passent et se ressemblent, et les sanglots longs des violons...
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
personne
Messages : 873
Enregistré le : 18 janv. 2011, 13:40

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par personne » 25 août 2012, 14:39

Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de vous faire partager ce roman, Un roi sans divertissement, de Jean Giono : C'est un petit bijou.
Centré autour du personnage de Langlois, capitaine de gendarmerie dans un premier temps, commandant de louveterie dans un second ; le bouquin éclaire la vie d'un homme qui, comme Giono aurait pu je pense le dire, "ne croyait pas à la bêtise des autres". Tout en retraçant les péripéties de ce Langlois dans la région de Trièves, territoire montagneux de l'Isère; le roman illustre cette idée omniprésente qu'un roi sans divertissement "est un homme plein de misères", selon les mots de Pascal.

C'est en fait un roman de justicier que Giono voulait écrire, "mais en partant d'un arbre qui n'avait rien à faire dans l'histoire.". Un arbre ? Oui, un arbre. Un Hêtre, le roi des hêtres.
Rien n'est laissé au hasard dans ce roman. La logique doit triompher, dans cet état où, pour reprendre les mots de Langlois, il n'y a pas d'étrangers. "On ne peut pas vivre dans un monde où l'on croit que l'élégance exquise du plumage de la pintade est inutile", glisse le narrateur entre deux lignes.
Et alors, Langlois, comprenant tout sans pouvoir rien expliquer, se retrouve immanquablement isolé dans le désert de l'ennui, ce "pays de diplomates". L'insupportable règne qui lui revient n'est dès lors plus que le processus qui le conduira finalement à prendre les dimensions de l'univers...

Je le conseille à tous ceux qui ont l'âme se sentant humaniste, sans réserve.

Et, au passage, je suis doublement curieux de connaitre le sentiment de Yelti sur "L'iris de Suse", du même auteur (doublement parce que une fois par exemplaire) ; ou tout autre avis sur l’œuvre de Giono en général, pour ceux qui l'ont goûté.
J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.

Avatar du membre
personne
Messages : 873
Enregistré le : 18 janv. 2011, 13:40

Re: Parce que la lecture est une drogue...

Message par personne » 25 août 2012, 21:58

Peut-être n'entend-on pas la chose de la même manière. Pour illustrer l'humanisme en question, je pense à ce cher Langlois qui, parlant du meurtrier qu'il pourchasse, déclare : "Ce n'est pas un monstre. C'est un homme comme les autres." (attitude qui lui vaudra d'ailleurs l'incompréhension de ceux qu'il fréquente). Et cette superbe description dudit meurtrier, M.V., "très humain" dans sa démarche, son caractère, ses "occupations"... Ce qui a de quoi interloquer.
C'est un humanisme douloureux. Tu peux le lire tranquille.
J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.

Répondre