Citations marquantes

Vous pouvez parler ici de ce que vous voulez... Littérature, cinéma, evènements, nouveaux sites internet...

Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

Avatar du membre
Aragathis
Messages : 2680
Enregistré le : 02 nov. 2007, 20:51
Localisation : Haute-Savoie

Re: Citations marquantes

Message par Aragathis » 16 mai 2015, 19:11

Paté ! Paté de Nietzsche ! Avec de vrais morceaux de Surhumain dedans ! 3,95€ le kilo !
Ainsi parlait Aragathis.

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Re: Citations marquantes

Message par Yelti » 17 mai 2015, 00:15

Le Captain était pas végétarien ?

Avatar du membre
personne
Messages : 873
Enregistré le : 18 janv. 2011, 13:40

Re: Citations marquantes

Message par personne » 24 juin 2015, 17:34

Bien que j'en sois un adepte, je m'interroge sur le sens de tous ces retours à la ligne.
J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.

Avatar du membre
personne
Messages : 873
Enregistré le : 18 janv. 2011, 13:40

Re: Citations marquantes

Message par personne » 10 sept. 2015, 15:42

"Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de l'envisager. De sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux." La Rochefoucauld
J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.

Poupi
Messages : 1252
Enregistré le : 21 déc. 2009, 12:44
Localisation : Enseveli sous la neige de Lorraine

Re: Citations marquantes

Message par Poupi » 11 sept. 2015, 20:53

Pour croire à la résurrection de la chair, peut-être faut-il avoir vaincu la chair. La punition de ceux qui en ont abusé est de ne pouvoir plus même imaginer qu'elle ressuscitera.

François Mauriac, Le nœud de vipères

Avatar du membre
hsdcdb
Messages : 804
Enregistré le : 24 sept. 2007, 22:51

Re: Citations marquantes

Message par hsdcdb » 13 sept. 2015, 03:12

Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique.

Boris Vian
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

Poupi
Messages : 1252
Enregistré le : 21 déc. 2009, 12:44
Localisation : Enseveli sous la neige de Lorraine

Re: Citations marquantes

Message par Poupi » 14 sept. 2015, 18:32

Il en est toujours ainsi dans les entreprises des Hommes : il y a un gel au printemps ou une brûlure en Été, et ils ne répondent pas à ce qu’ils promettaient. Il est rare toutefois qu’ils manquent à semer. Et cette semence demeurera dans la poussière et ne pourrira que pour germer de nouveau en des temps et des lieux imprévus.

JRR Tolkien, Le Seigneur des Anneaux

Poupi
Messages : 1252
Enregistré le : 21 déc. 2009, 12:44
Localisation : Enseveli sous la neige de Lorraine

Re: Citations marquantes

Message par Poupi » 15 sept. 2015, 21:34

Très jolie juxtaposition.

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

[debaro]

Message par Yelti » 02 oct. 2015, 17:38

J. V. seigneur des Barreaux a écrit :Dieu, Nature ou Destin, que tu nous fais grand tort !
De peine et de chagrin toute la vie est pleine,
Au lieu de ton amour tu nous montres ta haine,
Qui que tu sois des trois qui conduises le sort.

On pleure, l'on gémit, l'on souffre, et faible et fort,
Pendant le cours fatal d'une vie incertaine,
Par quels fâcheux chemins au cercueil on nous traîne,
Pauvreté, maladie, et puis survient la mort.

La Nature le veut, il faut que tout périsse,
La plante, l'animal, la pierre, l'édifice,
En ayant prononcé l'irrévocable arrêt,

Tu ne nous donnes rien, traîtresse de Nature,
Tu nous prêtes la vie, oui, mais à grande usure,
Nos maux font qu'on t'en paye un trop gros intérêt.

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Jacquot tait

Message par Yelti » 17 oct. 2015, 22:09

Sois tranquille, cela viendra !, tu te rapproches,
tu brûles ! Car le mot qui sera à la fin
du poème, plus que le premier sera proche
de ta mort, qui ne s'arrête pas en chemin.
Ne crois pas qu'elle va s'endormir sous des branches
ou reprendre souffle pendant que tu écris.
Même quand tu bois à la bouche qui étanche
la pire soif, la douce bouche avec ses cris
doux, même quand tu serres avec force le noeud
de vos quatre bras pour être bien immobiles
dans la brûlante obscurité de ses cheveux,
elle vient, Dieu sait par quels détours, vers vous deux,
de très loin ou déjà tout près, mais sois tranquille,
elle vient : d'un à l'autre mot tu es plus vieux.

Ph. Jaccottet.

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Message par Yelti » 05 déc. 2015, 14:16

"Mais en vérité je leur dirais ce que j’ai dit souvent, que cette négligence n’est pas supportable. Il ne s’agit pas ici de l’intérêt léger de quelque personne étrangère, pour en user de cette façon. Il s’agit de nous‑mêmes et de notre tout"

"Chacun est un tout à soi‑même, car lui mort le tout est mort pour soi. Et de là vient que chacun croit être tout à tous. Il ne faut pas juger de la nature selon nous mais selon elle."

Pascal.

Avatar du membre
hsdcdb
Messages : 804
Enregistré le : 24 sept. 2007, 22:51

Re: Citations marquantes

Message par hsdcdb » 11 déc. 2015, 12:07

Captain Boney Boone a écrit :[..] nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase.

Malraux
J'aime bien l'optimisme de cette phrase.

Mais il faut aussi la mettre en relation (surtout en ce moment) avec celle de Niemöller :


"Als sie mich holten,
gab es keinen mehr, der protestieren konnte."
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Re: Citations marquantes

Message par Yelti » 11 déc. 2015, 13:06

Ce qui donne en bon françois ?

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Re: Citations marquantes

Message par Yelti » 11 déc. 2015, 23:53

Aaaah... avec un peu d'efforts j'aurais trouvé tout seul : ayant jusqu'à récemment ce poème en français affiché dans mon salon du temps où j'avais une dangereuse colocataire syndicaliste, et ayant une autre colocataire qui parle le germain cours-à-ment.


"[...] Si j’ai eu le coeur plein de l’affection du monde, pendant qu’il a eu quelque vigueur, anéantissez cette vigueur pour mon salut, et rendez-moi incapable de jouir du monde, soit par faiblesse de corps, soit par zèle de charité, pour ne jouir que de vous seul.
Ô Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de ma vie à la fin de ma vie, et à la fin du monde ! Ô Dieu, qui ne laissez subsister le monde et toutes les choses du monde, que pour exercer vos élus, ou pour punir les pécheurs ! Ô Dieu, qui laissez les pécheurs endurcis dans l’usage délicieux et criminel du monde ! Ô Dieu, qui faites mourir nos corps, et qui à l’heure de la mort détachez notre âme de tout ce qu’elle aimait au monde ! [...]
Ouvrez mon coeur, Seigneur ; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée. Ils la tiennent sujette ; entrez-y comme dans la maison du fort ; mais liez auparavant le fort et puissant ennemi qui la maîtrise, et prenez ensuite les trésors qui y sont. Seigneur, prenez mes affections que le monde avait volées ; volez vous-même ce trésor, ou plutôt reprenez-le, puisque c’est à vous qu’il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque votre image y est empreinte. Vous l’y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance ; mais elle est tout effacée. L’idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n’est plus connaissable. Vous seul avez pu créer mon âme : vous seul pouvez la créer de nouveau. Vous seul y avez pu former votre image : vous seul pouvez la reformer, et y réimprimer votre portrait effacé, c’est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est votre image et le caractère de votre substance.

Ô mon Dieu, qu’un coeur est heureux, qui peut aimer un objet si charmant, qui ne le déshonore point et dont l’attachement lui est si salutaire ! Je sens que je ne puis aimer le monde sans vous déplaire, sans me nuire et sans me déshonorer ; et néanmoins le monde est encore l’objet de mes délices. Ô mon Dieu, qu’une âme est heureuse dont vous êtes les délices, puisqu’elle peut s’abandonner à vous aimer, non seulement sans scrupule, mais encore avec mérite !"

Blaise Pascal, Prières pour demander à Dieu le bon usage des maladies

"Rien de plus méprisable à cet égard que la maladie. C'est un remède contre la mort. Elle y prépare. Elle crée un apprentissage dont le premier stade est l'attendrissement sur soi-même. Elle appuie l'homme dans son grand effort qui est de se dérober à la certitude de mourir tout entier. Mais Djémila... et je sens bien alors que le vrai, le seul progrès de la civilisation, celui auquel de temps en temps un homme s'attache, c'est de créer des morts conscientes."
"J'ai vu des gens mourir. Surtout, j'ai vu des chiens mourir. C'est de les toucher qui me bouleversait. Je pense alors : fleurs, sourires, désirs de femme, et je comprends que toute mon horreur de mourir tient dans ma jalousie de vivre. Je suis jaloux de ceux qui vivront et pour qui fleurs et désirs de femme auront tout leur sens de chair et de sang. Je suis envieux, parce que j'aime trop la vie pour ne pas être égoïste. Que m'importe l'éternité. On peut être là, couché un jour, s'entendre dire : "Vous êtes fort et je vous dois d'être sincère : je peux vous dire que vous allez mourir" ; être là, avec toute sa vie entre les mains, toute sa peur aux entrailles et un regard idiot. Que signifie le reste : des flots de sang viennent battre à mes tempes et il me semble que j'écraserais tout autour de moi.
Mais les hommes meurent malgré eux, malgré leurs décors. On leur dit : "Quand tu seras guéri...", et ils meurent. Je ne veux pas de cela. Car s'il y a des jours où la nature ment, il y a des jours où elle dit vrai. Djémila dit vrai ce soir, et avec quelle tristesse et quelle insistante beauté ! Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu'on me mente. Je veux porter ma lucidité jusqu'au bout et regarder ma fin avec toute la profusion de ma jalousie et de mon horreur. C'est dans la mesure où je me sépare du monde que j'ai peur de la mort, dans la mesure où je m'attache au sort des hommes qui vivent, au lieu de contempler le ciel qui dure. Créer des morts conscientes, c'est diminuer la distance qui nous sépare du monde, et entrer sans joie dans l'accomplissement, conscient des images exaltantes d'un monde à jamais perdu."

Albert Camus, "Le vent à Djémila", Noces

Avatar du membre
Yelti
Messages : 2104
Enregistré le : 04 juil. 2008, 11:44
Localisation : Thiers
Contact :

Re: Citations marquantes

Message par Yelti » 13 janv. 2016, 22:48

Mais cette époque est la nôtre et nous ne pouvons vivre en nous haïssant. Elle n'est tombée si bas que par l'excès de ses vertus autant que la grandeur de ses défauts. Nous lutterons pour celle de ses vertus qui vient de loin. Quelle vertu ? Les chevaux de Patrocle pleurent leur maître mort dans la bataille. Tout est perdu. Mais le combat reprend avec Achille et la victoire est au bout, parce que l'amitié vient d'être assassiné : l'amitié est une vertu. L'ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l'homme, le visage aimé, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs.

Albert Camus, "L'Exil d'Hélène".

Répondre